Septembre 2008

À quoi… ou à qui sert la moralité?

Un bon vendeur est celui qui est convaincu de la qualité de son produit au point de ne pas hésiter à encourager ses clients à aller voir chez la concurrence. Si le produit est bon, il n’y a en effet pas d’angoisse à avoir: on sait que si le client réfléchit un peu il réalisera que notre produit est plus avantageux.

Les religions ne jouissent pas de ce type de confiance. Pas de service personnalisé ici. Elles ont réalisé depuis longtemps qu’il est plus facile de façonner le client afin de le plier à nos contraintes. Ce qui retire les bénéfices, en bout de ligne, n’est pas le client mais la religion organisée.

Une religion qui encouragerait une attitude critique face à ses propres dogmes deviendrait rapidement peu populaire, ou encore serait sur la voie de la sécularisation intégrale – c’est justement le cas du judaïsme. Il est essentiel pour une religion de contrôler le système de valeurs de manière à servir ses propres intérêts, non pasles intérêts de ses fidèles. Si la religion parvient à induire la confusion entre les deux, l’illusion est complète.

Un exemple probant est la moralité sexuelle et le catholicisme. La sexualité exclusive défendue par la doctrine, un partenaire pour toute une vie, ne serait aucunement les intérêts des chrétiens puisque leur potentiel reproductif est largement diminué. Et si cette « âme soeur » s’avérait être stérile? Si le mariage ne fonctionnait pas? On oublie les chances d’avoir une progéniture, puisque le divorce est hors de question. Le patrimoine génétique de l’individu est donc condamné à disparaite, alors que son patrimoine financier vient engraisser les poches de l’Église – jusqu’à assez récemment une fortune sans héritier appartenait de facto à l’évêché.

Cette norme sociale n’en est devenue une non pas car elle conférait un avantage à ses adeptes, mais car elle enrichissait ceux qui détenaient le contrôle des normes sociales: le clergé. Plus tard au Québec, l’Église a plutôt cherché à multiplier les naissances et non des les empêcher. Dans ce cas, la nouvelle norme profitait encore au clergé, qui souhaitait augmenter la population de francophones catholiques versus la minorité d’anglophones protestants. Et comme les francophones n’était pas particulièrement riches, il n’y avait guère de legs à convoiter… tout au plus un fils cadet prélevé de temps à autres afin d’assurer la relève derrière l’autel. Le plus merveilleux était que certaines de nos grand-mères étaient convaincues du bien-fondé de cette norme (avoir un enfant par année) au point de mettre leur santé en grave danger.

Développer un bon produit est difficile, même pour une grande corporation. Mais altérer la psyché des consommateurs afin qu’ils s’imaginent apprécier un produit médiocre ou dangereux, voilà qui est facile. Cette stratégie, cultiver la médiocrité en manipulant les normes sociales, n’est pas exclusivement employée par les McDonalds, Wal-Marts et autres bannières américaines. En fait, ce sont les religions, véritables inventeurs du marketing, qui ont lancé le bal.

Devant toute norme sociale, je vous invite donc à réfléchir à partir de cet adage judiciaire: cui bono? Qui profite de cette norme?

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