Ian « docteur Pangloss » Juby

Le créationniste Ian Juby semble avoir pris le Candide de Voltaire très au sérieux. Dans Candide, Voltaire introduit le personnage du docteur Pangloss, sorte de philosophe ridicule qui est persuadé que tout a une finalité dans le monde*. Dans la bouche de Pangloss, Voltaire nous a légué ces paroles risibles et souvent citées:

Il est démontré, disait-il, que les choses ne peuvent être autrement : car, tout étant fait pour une fin, tout est nécessairement pour la meilleure fin. Remarquez bien que les nez ont été faits pour porter des lunettes, aussi avons-nous des lunettes. Les jambes sont visiblement instituées pour être chaussées, et nous avons des chausses. Les pierres ont été formées pour être taillées, et pour en faire des châteaux, aussi monseigneur a un très beau château ; le plus grand baron de la province doit être le mieux logé ; et, les cochons étant faits pour être mangés, nous mangeons du porc toute l’année : par conséquent, ceux qui ont avancé que tout est bien ont dit une sottise ; il fallait dire que tout est au mieux.

(Emphase ajoutée).

Voici que notre créationniste, Ian Juby, reprend ce même argument. La différence est que Juby est sérieux, alors que Voltaire plaisantait:

One major difference between human and ape skulls can actually be seen in some of the pictures of the « hominid » skulls on the timeline chart of pages 61-63.  Humans have a bony nose-bridge, apes do not.  There is a simple test to tell if a skull is ape or human, I call it the OculusTM test (Oculus is latin for glasses):

As you can see, Homo erectus is clearly man – he can wear glasses.  Zinji on the other hand, cannot because he is missing that vital, bony nose-bridge because he is an ape.

L’affaire est d’une absurdité totale. Juby, qui nie bien entendu l’existence de tous les hominidés, range les fossiles en deux classes: singe ou humain. Juby propose un test intéressant pour départager les deux, le Occulus ™ test.

Si on peut faire porter des lunettes au crâne fossile, alors c’est un humain. Sinon, c’est un singe. Les mots nous manquent pour décrire le ridicule de la situation. En terme de bévue créationniste, il s’agit du gros lot.

* Voltaire cherche par là à se moquer de la croyance en une finalité dans la nature, critique directement adressée à la Théodicée de Leibniz.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s