Relation ou religion?

https://i0.wp.com/www.insidesocal.com/feelthenuys/archives/tedhaggard.jpgSi vous avez discuté avec des chrétiens évangéliques, vous vous êtes peut-être butés à l’argument suivant: « nous n’avons pas une religion, mais une relation avec Dieu ». Ou quelque chose dans le même ton. Pourquoi les évangéliques affirment-ils cela, et quelle est la valeur de cet affirmation?

Les évangéliques insistent sur la foi personnelle et une certaine forme de quête spirituelle avec pour origine l’individu et non le groupe. Il est tout à fait permis de douter que cette démarche personnelle se déroule réellement, mais elle est tout de même au centre de leur doctrine. La foi personnelle est, toujours dans le langage des évangéliques, s’oppose:

  1. Au « légalisme », le respect superficiel de règles de conduite sans avoir vraiment la foi;
  2. À l’hypocrisie, c’est-à-dire accomplir des rites en public alors qu’en privée on « vit dans le péché ».

Pour plusieurs évangéliques, bref, le terme religion est associé à ces deux notions péjoratives. Il n’est donc absolument pas question d’admettre qu’ils ont une religion. Pourtant, c’est exactement de religion dont il s’agit. Le terme religion n’est pas opposé à relation, au contraire. Une religion est, par définition, un rapport à un ou plusieurs êtres transcendants.

Les évangéliques ont des croyances, lesquelles sont systématisées en un ensemble de dogmes et de rituels. Il s’agit d’une religion. Le fait qu’ils croient avoir plutôt une relation avec Dieu (ou Jésus?) n’est pas un signe qu’il ne s’agit pas d’une religion; il s’agit plutôt d’une autre croyance faisant partie de leur système religieux.

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4 Commentaires

  1. Evangelosansrancunos

    Cette analyse est tout à fait exacte.
    Le courant évangélique est bien un fait religieux.
    Il est à placer dans la religion chrétienne, protestante par sa doctrine et plus proche de l’église catholique par son éthique et ses valeurs.

    Pour mieux comprendre le “démarquage” de certains par rapport au terme “religion”, il faut réaliser plusieurs éléments:
    -1 la conversion et la nouvelle naissance dont parle Jésus sont vraiment une expérience mystique personnelle bouleversant l’existence entière de celui qui la vit. C’est un choc profond modifiant radicalement son système de pensée. Sa vie, ses valeurs, son comportement social et ses relations sont radicalement transformées (d’une façon générale en bien si l’on en croit les observations de l’entourage, croyant ou non).
    -2 beaucoup de fidèles évangéliques sont issus de système « religieux » par leur milieu socio-culturel et sont stupéfaits de découvrir un tout autre visage du christianisme. L’un d’entre eux disait: « Mais pourquoi mon église ne m’a pas enseigné cela ? »

    Ignorer ces points ne permettra pas d’approcher la réalité de ce phénomène planétaire puissant (jamais dans l’histoire un courant religieux n’est passé de quelques centaines de milliers de pratiquants à près d’un milliard en moins d’un siècle. Il faut dire aussi que l’on a jamais été aussi nombreux). Ne confondons pas l’écume des vagues et les débordements de certains fanatiques avec la réalité d’un mouvement très bien structuré qui n’a pourtant aucun instance dirigeante de par le monde.

    • libresansdieu

      Ça m’étonnerait pour le milliard de chrétiens, étant donné que la population mondiale n’a pas atteint un milliard avec la fin du 18e siècle. Bien essayé tout de même. 🙂

      • Evangelosansrancunos

        Hey libresansdieu faut aiguiser vos neurones.
        Vous en aurez de toute façon grand besoin pour prouver la non existence de Dieu.

        Le presque milliard (on compte environ 800 millions d’évangéliques aujourd’hui plus les affiliés) c’est aujourd’hui, pas au 18ème.

        En 1900 on en comptait quelques millions seulement.
        Voilà

    • meteo

      Les pertes de foi supplémentaires dues au christianisme évangélique ne sont-elles pas également un phénomène planétaire puissant? Aux USA, les sans-religion n’ont jamais été aussi nombreux en proportion. Moi-même élevé dans un famille chrétienne évangélique, ayant longtemps cru, ayant été sur de mon salut comme on dit, j’ai fini, au bout d’une remise en question de plusieurs années, par conclure que la Bible n’était pas la parole de Dieu.

      Lorsque je discute de certains points intolérants de la Bible (ou du Coran, de la Sounna), par exemple le fait que seuls ceux qui croient en telle doctrine seront « sauvés », les autres « perdus », ou encore la manière dont est perçue l’homosexualité, et ce que demande « Dieu » à l’égard des homosexuels, il n’est pas rare d’avoir une réponse du type: « Mais non, tu comprends tel livre comme les fondamentalistes, tu commets la même erreur qu’eux. Tu es aussi dangereux qu’eux, ton coeur est plein de haine, tous les livres religieux sont d’accord entre eux et enseignent la paix et la tolérance ». Les gens ont complètement oublié ce que sont les religions monothéistes. En ce qui concerne le christianisme: si les courants principaux de cette religion sont devenus de plus en plus libéraux, c’est pour « sauver les meubles », pour limiter l’hémorragie de croyants, avec comme inconvénient l’oubli de la nature réelle de ces mouvements. Le christianisme évangélique qui veut rester « fidèle à la Bible » joue le rôle de piqûre de rappel. Le nombre d’apostats militants va lui aussi augmenter (avec un certain retard sur la progression du christianisme évangélique, certes), et par ailleurs, ceux qui critiquent la Bible seront à nouveau mieux compris.

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