Le blog Actu Chrétienne, l’ignorance et le relativisme

Les évangéliques de chez Actu Chrétienne ont publié, avec près de quatre ans de retard, une « critique » d’un dossier spécial du Nouvel Observateur qui portait sur le créationnisme. On met le mot critique entre guillemets car l’auteur, un monsieur Ohlott, ne fait jamais réellement de critique.

Sa stratégie est plus simple, et plus typique: hurler au biais journalistique et à la pensée unique sous prétexte qu’on a osé considérer sa doctrine pseudo-scientifique favorite pour ce qu’elle est: une doctrine pseudo-scientifique. Selon Ohlott, les journalistes ont refusé considérer le créationnisme comme une théorie scientifique concurrente. Afin d’imposer la pensée unique!

(Il faut absolument que nos amis du côté du Complot Mondial Athée nous disent si c’est bel et bien eux qui ont rédigé en douce les articles du Nouvel Obs et  puis ceux de Marianne.)

Que se passe-t-il entre les évangéliques et le relativisme? Il semble que c’est l’amour fou. Tout point de vue se vaut. Science, pseudo-science? Des étiquettes imposées par les conspirateurs darwiniens. La vérité est ailleurs. Tandis qu’on y est, pourquoi perdre son temps à chercher la vérité… la Bible est tellement plus réconfortante!

Les créationnistes tels que ceux impliqués dans le procès de Dover ne se donnent pas la peine de démontrer leur « théorie » (ils n’en ont pas, de théorie, en fait). Ce qu’ils veulent, c’est simplement l’opportunité de faire la promotion de la religion chrétienne évangélique. Par projection, ils estiment que c’est ce que souhaitent faire les « darwinistes » de leur côté: promouvoir l’athéisme et l’immoralité.

Ohlott croit également qu’il faut accorder un temps égal au micro à la science et à la mythologie. Pardon: à sa mythologie. Pas de temps à perdre avec les centaines d’autres mythes de création existant pardon sur le globe. C’est le mythe hébreux qu’Ohlott veut, et rien d’autre.

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3 Commentaires

  1. Evangelosansrancunos

    En vrac…

    Question: Si Galilée était tombé chez les évangéliques, aurait-il tenu aussi longtemps avant de capituler ? 😉

    Excès de la religion qui « croit tout comprendre » et qui explique les textes sacrés en fonction des théories en vogue, chez elle et chez les autres.

    Que dire d’une science sans conscience ?

    Les roues d’un moulin à vent peuvent être vues comme tournant dans le sens des aiguilles d’une montre ou dans le sens inverse. Les deux observateurs feraient bien mieux, au lieu de s’invectiver, de se rendre compte qu’ils ont raison tous les deux mais seulement qu’ils ne sont pas du même côté du moulin.

    Jésus a dit: Celui qui cherche trouve…
    Et je me permet de rajouter mon 0,01% « Des gens qui cherchent on en trouve, mais des gens qui trouvent, on en cherche. »

    Quelle est la différence entre un géologue et un paléontologue ?
    Le géologue dit: « Ces couches minérales datent de 400.000 d’années car on y a retrouvé un fossile datant de cette période. » Le paléontologue dit:  » Ce fossile date de 400.000 d’années car on l’a retrouvé dans une couche minérale datant de cette période ».

    « Se vantant d’être sages, ils sont devenus fous » Apôtre Paul, épître aux Romains.

    Serge Santander

    • libresansdieu

      Justement, on ne veut pas de commentaires en vrac et autre régurgitation, mais un propos réfléchi (et, idéalement, un peu plus élaboré) concernant l’article sous lequel ils sont inscrits. Premier et dernier avertissement!

  2. Michel THYS

    Mais pourquoi sont-ils créationnistes ? Ont-ils vraiment choisi de l‘être ?

    La remarquable étude du CNRS à propos de l’évolutionnisme et du créationnisme
    http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosevol/decouv/articles/chap1/lecointreInter.html, aussi complète soit-elle, n’aborde pas la question de savoir pourquoi les créationnistes sont manifestement imperméables à toute argumentation rationnelle et scientifique.
    Il est vrai qu’à notre échelle moins que centenaire, il est difficile, et même quasi impossible, de se représenter une durée aussi longue que des millions d’années et donc le temps qu’il a fallu pour que la vie apparaisse à la suite de la chute d’une météorite, qu’elle se diversifie et quelle évolue, par adaptations, complexifications et mutations successives et aléatoires jusqu’à l’être humain.
    A fortiori, on peut comprendre que le génome, les prodigieuses capacités du cerveau humain, etc … paraissent inconcevables à certains sans l’intervention (ex nihilo , ? !) d’un « grand architecte » anthropomorphique et « créateur de l’homme à « Son » image ».
    Il y a aussi l’orgueil qui empêche les croyants d’admettre que l’être humain fait partie du règne animal, persuadés qu’ils sont d’avoir une relation privilégiée avec Dieu …

    La croyance créationniste, comme réponse immédiate et sécurisante à l’incertitude et aux lacunes actuelles des sciences, est d’autant plus compréhensible que, comme l’a dit avec raison, le pasteur évangélique Philippe HUBINON à la RTBF, :
    « S’il n’y a pas eu création, tout le reste s’écroule ! ». En effet, après l’âge d’environ 25 ans environ, il devient rare, voire impossible, d’encore parvenir à remettre en question ses options fondamentales, sans doute pour ne pas se déstabiliser, ou alors pour ne pas se désavouer. Certes « la science est tout simplement non intentionnée. Pour autant, elle n’est peut-être pas dénuée de conséquences vis-à-vis de la philosophie ».
    En effet, les observations des neurosciences, en particulier, loin de chercher à prouver l’inexistence de dieu, tendent néanmoins, me semble-t-il, à prouver son existence imaginaire et illusoire.

    Il ne faut évidemment rien attendre, si ce n’est a contrario, de certains pseudo scientifiques canadiens, largement financés par la Fondation chrétienne Templeton qui espère prouver scientifiquement l’existence de dieu !. C’est ainsi que, pour conforter en plus sa propre croyance, Mario BEAUREGARD notamment, a sérieusement cherché dans le lobe temporal droit l’antenne, le récepteur que dieu y aurait placé pour recevoir sa « Révélation » . ! Non seulement il a dû reconnaître qu’il n’y en a pas, puisque tout le cerveau est concerné par l’attitude religieuse, mais il occulte totalement l’influence éducative et culturelle de l’éducation religieuse. Et pour cause puisqu’ il en a lui-même été une victime (inconsciente) …

    Est-il possible d’émettre des hypothèses explicatives, fussent-elles définitivement très partielles, sur l’origine et la fréquente persistance de la foi, même chez des scientifiques, par ailleurs souvent éminents ? Il n’est bien sûr pas question de vouloir simplifier ou réduire l’extraordinaire complexité du psychisme humain, et en particulier le phénomène religieux, à des « mécanismes » psycho-neuro-physio-génético-cognitivo-éducatifs. Mais cette nouvelle approche permet déjà, à mes yeux, de relativiser la part de liberté individuelle.
    Comme l’a écrit le neurobiologiste Henri LABORIT :  » (…) Je suis effrayé par les automatismes qu’il est possible de créer à son insu dans le système nerveux d’un enfant. Il lui faudra, dans sa vie d’adulte, une chance exceptionnelle pour s’en détacher, s’il y parvient jamais.(…) Vous n’êtes pas libre du milieu où vous êtes né, ni de tous les automatismes qu’on a introduits dans votre cerveau, et, finalement, c’est une illusion, la liberté ! ». Finalement, ce qui importe, ce n’est pas tant CE que l’on pense, mais POURQUOI on le pense.

    C’est un fait d’observation sociologique : statistiquement, la liberté de croire ou de ne pas croire est souvent compromise, à des degrés divers, par l’imprégnation de l’éducation religieuse familiale, forcément affective puisque fondée sur l’exemple et la confiance envers les parents, et confortée par l’influence d’un milieu culturel, unilatéral puisqu’il exclut toute alternative laïque non aliénante et qu’il incite, à des degrés divers, à la soumission à une Vérité exclusive et dès lors intolérante. L’éducation coranique en témoigne hélas à 99,99 %.

    La soumission religieuse s’explique : comme l’avait déjà compris Desmond MORRIS, en 1968, dans « Le Singe Nu », Richard DAWKINS estime, dans « Pour en finir avec dieu », que du temps des premiers hominidés, le petit de l’homme n’aurait jamais pu survivre si l’évolution n’avait pas pourvu son cerveau tout à fait immature de gènes le rendant dépendant, et totalement soumis à ses parents (et donc plus tard à un dieu … !).

    Dès 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, alors professeur à l’Université catholique de Louvain, a montré, sans doute à son grand dam, qu’en l’absence d’éducation religieuse, la foi n’apparaît pas spontanément, et que la religiosité à l’âge adulte en dépend. Son successeur actuel, le professeur Vassilis SAROGLOU, le confirme. Ce nouveau mécanisme de défense, animiste du temps des premiers hominidés, n’est apparu que grâce à la capacité évolutive du seul cortex préfrontal humain, à imaginer , grâce au langage et par anthropomorphisme, un « Père protecteur, substitutif et agrandi » , fût-il de nos jours qualifié rationnellement de « Présence Opérante du Tout-Autre »,(A. Vergote).

    Comme on pouvait le prévoir, des neurophysiologistes ont constaté que chez le petit enfant, alors que les hippocampes (centres de la mémoire explicite) sont encore immatures, les amygdales (celles du cerveau émotionnel) sont déjà capables, dès l’âge de 2 ou 3 ans, de stocker des souvenirs inconscients (donc notamment ceux des prières, des cérémonies, des comportements religieux des parents, …, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal inférieur. Ces « traces » neuronales, renforcées par la « plasticité synaptique », sont indélébiles …
    L’ IRM fonctionnelle confirme que le cortex préfrontal et donc aussi bien l’esprit critique que le libre arbitre ultérieurs s’en trouvent anesthésiés à des degrés divers, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect, du moins dès qu’il est question de religion.

    On comprend que, dans ces conditions, certains athées comme Richard DAWKINS, ou certains agnostiques, comme Henri LABORIT, au risque de paraître intolérants, aient perçu l’éducation religieuse précoce, bien qu’a priori sincère et de « bonne foi », comme une malhonnêteté intellectuelle et morale. Bien que les religions, et a fortiori leurs dérives (guerres religieuses, inégalité des femmes, excisions, …) soient plus nocives que bénéfiques à tous points de vue, il va de soi que la foi restera toujours un droit élémentaire, mais d’autant plus respectable qu’elle aura été choisie en connaissance de cause, plutôt qu’imposée.

    Michel THYS à Waterloo. michelthys@base.be
    http://michel.thys.over-blog.org

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