Saint Paul, devant l’aréopage, montre qu’il comprend mal Aristote

Un passage fort intéressant de la Bible est le discours de Paul devant l’aréopage. Ce récit se trouve dans les Actes des Apôtres, chapitre 17. Paul de Tarse se trouve à Athènes et se met à prêcher sur la place publique. Curieux, les philosophes l’amènent devant l’aréopage afin de le laisser exprimer son point de vue. Ces philosophes, que le texte identifie comme des Épicuriens et des Stoïciens, étaient entrainés à l’art du dialogue socratique. On peut les imaginer posant des questions à Paul dans le but de le confronter. Le récit confirme en effet que sa prestation devant l’aréopage fut peu efficace.

Paul tente de montrer aux philosophes que tous les dieux athéniens sont en fait un seul et même Dieu, qu’ils ont dans leur ignorance assimilé à d’autres entités. Mais on ne peut apprendre le monothéisme à des philosophes familiers avec les enseignements d’Aristote. Aussi Paul ajoute-t-il que ce Dieu unique donne « la vie, le mouvement et l’être ».

Pour demeurer authentique à la philosophie aristotélicienne, ce passage se traduirait mieux par « la vie, c’est-à-dire le mouvement et l’être. » En effet, pour Aristote, ce qu’on appelle vie est une combinaison particulière de substance , ou l’être, (ousia) et d’un principe organisateur, ou mouvement, que la tradition latine traduit par entéléchie.

Un glissement majeur dans l’interprétation que fait Paul de Tarse est que pour Aristote, la substance est éternelle, donc incréée. Quant au mouvement, il n’a pas été donné à la substance par une entité extérieure à celle-ci. Il émerge simplement de la substance elle-même qui, par imitation du premier moteur, s’auto-organise. Le premier moteur n’a, pour Aristote, jamais créé le monde et n’en a pour ainsi dire aucune connaissance.

Le public de Paul a donc raison d’assimiler son discours à de la propagande religieuse plutôt que de le recevoir en tant que philosophie, et il n’est guère étonnant que son entreprise d’évangélisation d’Athènes fut si peu efficace.

En annexe, le texte biblique:

Il y avait même des philosophes épicuriens et stoïciens qui l’abordaient. Les uns disaient :  » Que peut bien vouloir dire ce perroquet ?  » D’autres :  » On dirait un prêcheur de divinités étrangères « , parce qu’il annonçait Jésus et la Résurrection. Ils le prirent alors avec eux et le menèrent devant l’Aréopage en disant :  » Pourrions-nous savoir quelle est cette nouvelle doctrine que tu enseignes ?
Car ce sont d’étranges propos que tu nous fais entendre. Nous voudrions donc savoir ce que cela veut dire.
Tous les Athéniens en effet et les étrangers qui résidaient parmi eux n’avaient d’autre passe-temps que de dire ou écouter les dernières nouveautés. Debout au milieu de l’Aréopage, Paul dit alors :  » Athéniens, à tous égards vous êtes, je le vois, les plus religieux des hommes.
Parcourant en effet votre ville et considérant vos monuments sacrés, j’ai trouvé jusqu’à un autel avec l’inscription : « Au dieu inconnu ». Eh bien ! ce que vous adorez sans le connaître, je viens, moi, vous l’annoncer.
 » Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s’y trouve, lui, le Seigneur du ciel et de la terre, n’habite pas dans des temples faits de main d’homme. Il n’est pas non plus servi par des mains humaines, comme s’il avait besoin de quoi que ce soit, lui qui donne à tous vie, souffle et toutes choses. Si d’un principe unique il a fait tout le genre humain pour qu’il habite sur toute la face de la terre ; s’il a fixé des temps déterminés et les limites de l’habitat des hommes, c’était afin qu’ils cherchent la divinité pour l’atteindre, si possible, comme à tâtons et la trouver ; aussi bien n’est-elle pas loin de chacun de nous. C’est en elle en effet que nous avons la vie, le mouvement et l’être. Ainsi d’ailleurs l’ont dit certains des vôtres : « Car nous sommes aussi de sa race.  »
 » Que si nous sommes de la race de Dieu, nous ne devons pas penser que la divinité soit semblable à de l’or, de l’argent ou de la pierre, travaillés par l’art et le génie de l’homme. Or voici que, fermant les yeux sur les temps de l’ignorance, Dieu fait maintenant savoir aux hommes d’avoir tous et partout à se repentir, parce qu’il a fixé un jour pour juger l’univers avec justice, par un homme qu’il y a destiné, offrant à tous une garantie en le ressuscitant des morts.  »
A ces mots de résurrection des morts, les uns se moquaient, les autres disaient :  » Nous t’entendrons là-dessus une autre fois.  »
C’est ainsi que Paul se retira du milieu d’eux.
Quelques hommes cependant s’attachèrent à lui et embrassèrent la foi. Denys l’Aréopagite fut du nombre. Il y eut aussi une femme nommée Damaris, et d’autres avec eux.

(Actes 17. Trad: Bible de Jérusalem)

l y avait même des philosophes épicuriens et stoïciens qui l’abordaient. Les uns disaient :  » Que peut bien vouloir dire ce perroquet ?  » D’autres :  » On dirait un prêcheur de divinités étrangères « , parce qu’il annonçait Jésus et la Résurrection.
Ac 17:19- Ils le prirent alors avec eux et le menèrent devant l’Aréopage en disant :  » Pourrions-nous savoir quelle est cette nouvelle doctrine que tu enseignes ?
Ac 17:20- Car ce sont d’étranges propos que tu nous fais entendre. Nous voudrions donc savoir ce que cela veut dire. « 
Ac 17:21- Tous les Athéniens en effet et les étrangers qui résidaient parmi eux n’avaient d’autre passe-temps que de dire ou écouter les dernières nouveautés.
Ac 17:22- Debout au milieu de l’Aréopage, Paul dit alors :  » Athéniens, à tous égards vous êtes, je le vois, les plus religieux des hommes.
Ac 17:23- Parcourant en effet votre ville et considérant vos monuments sacrés, j’ai trouvé jusqu’à un autel avec l’inscription : « Au dieu inconnu ». Eh bien ! ce que vous adorez sans le connaître, je viens, moi, vous l’annoncer.
Ac 17:24-  » Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s’y trouve, lui, le Seigneur du ciel et de la terre, n’habite pas dans des temples faits de main d’homme.
Ac 17:25- Il n’est pas non plus servi par des mains humaines, comme s’il avait besoin de quoi que ce soit, lui qui donne à tous vie, souffle et toutes choses.
Ac 17:26- Si d’un principe unique il a fait tout le genre humain pour qu’il habite sur toute la face de la terre ; s’il a fixé des temps déterminés et les limites de l’habitat des hommes,
Ac 17:27- c’était afin qu’ils cherchent la divinité pour l’atteindre, si possible, comme à tâtons et la trouver ; aussi bien n’est-elle pas loin de chacun de nous.
Ac 17:28- C’est en elle en effet que nous avons la vie, le mouvement et l’être. Ainsi d’ailleurs l’ont dit certains des vôtres : « Car nous sommes aussi de sa race. « 
Ac 17:29-  » Que si nous sommes de la race de Dieu, nous ne devons pas penser que la divinité soit semblable à de l’or, de l’argent ou de la pierre, travaillés par l’art et le génie de l’homme.
Ac 17:30-  » Or voici que, fermant les yeux sur les temps de l’ignorance, Dieu fait maintenant savoir aux hommes d’avoir tous et partout à se repentir,
Ac 17:31- parce qu’il a fixé un jour pour juger l’univers avec justice, par un homme qu’il y a destiné, offrant à tous une garantie en le ressuscitant des morts. « 
Ac 17:32- A ces mots de résurrection des morts, les uns se moquaient, les autres disaient :  » Nous t’entendrons là-dessus une autre fois. « 
Ac 17:33- C’est ainsi que Paul se retira du milieu d’eux.
Ac 17:34- Quelques hommes cependant s’attachèrent à lui et embrassèrent la foi. Denys l’Aréopagite fut du nombre. Il y eut aussi une femme nommée Damaris, et d’autres avec eux.
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13 Commentaires

  1. Timothée

    C’est présumer qu’Aristote, dont tout le système s’est littéralement cassé la gueule à la lumière de la science moderne, aurait atteint un sommet indépassable, de sorte que st Paul n’aurait pas eu le droit de le reprendre sous réserve de l’accorder un peu mieux à la réalité.Or ce n’est pas le cas (Aristote n’est récupérable que dans le thomisme et même, dans le néo-thomisme –c’est-à-dire, une fois baptisé); à ce titre st Paul l’aura annoncé et les grecs, aveugles, sont morts dans leur péché autant que dans leur imbécilité.

    • libresansdieu

      >Aristote n’est récupérable que dans le thomisme

      Thomas fait le même glissement que Paul, il plaque son Dieu chrétien sur le premier moteur d’Aristote. On peut considérer que c’est une erreur, ou une amélioration, c’est selon. Mais ce n’est certainement pas chez Aristote.

      • Georges

        Pas du tout certain que l’intention de Paul était de traduire Aristote pour ses interlocuteurs ou qu’il ait fait d’Aristote le premier chrétien. Non, il cherche tout simplement des portes d’entrée pour annoncer un message, une bonne nouvelle même, qui va bien au delà de ce qu’Aristote a pu percevoir puisqu’elle aboutit à Jésus-Christ et sa victoire sur la mort (fin du discours, malheureusement interrompu).

  2. christian

    La bible affirme que toute la création, la civilisation et le monde dans sa complexité et sa diversité, nations et races, la formation des hommes eux-mêmes, et leur vie sur terre, existent pour une raison unique :

    « Il (Dieu) a voulu qu’ils cherchent le Seigneur, et qu’ils s’efforcent de le trouver en tâtonnant. » L‘apôtre Paul (Actes 17 : 27)

    L’histoire du monde, son sang versé, ses fortunes qui ont été dépensées, ses technologies, ses architectures, et ses institutions, sont seulement des choses secondaires qui servent à garantir la stabilité et l’ordre nécessaires à la vie, afin que les hommes puissent chercher Dieu. Cette vision est extrêmement étroite, et ne laisse place à aucune autre chose.

    Un homme de Dieu a laissé cela, et j’y souscris pleinement ;

    Le but de l’existence de l’homme.

    L’apôtre Paul a réduit la totalité de l’existence humaine à une seule poursuite, à savoir que le but plénier de la vie humaine sur cette planète est de trouver Dieu – non une religion – avant que nous n’entrions dans l’éternité, sans Lui ou avec Lui. C’est une vision qui a été écartée de nos temps modernes, mais qui doit être restaurée. Paul y croyait, mais vivons-nous comme si nous y croyions? Nos vies contredisent cette vérité, et si nous ne vivons pas comme si nous croyions à cette vérité, alors nous devons comprendre que nous n’y croyons pas suffisamment.

    Le but de l’existence de l’homme n’est pas de rechercher son propre bonheur, mais de rechercher Dieu.

    En fait, le bonheur qui se trouve en dehors de Dieu, et que le monde est prompt à nous fournir comme ersatz, est une illusion et une séduction. Dieu est le Créateur et le Seigneur du ciel et de la terre, mais il ne les a pas créés afin que nous puissions nous divertir, atteindre nos carrières, favoriser nos intérêts, fonder nos civilisations, ou n’importe quoi d’autre – ces choses sont secondaires. Le message que nous pouvons vivre : avoir la vie, le mouvement, et exister en Dieu, n’est pas accepté par l’humanité. Ils ne veulent pas entendre parler de cette possibilité :

    IIs veulent vivre et être en mouvement comme ils le veulent en eux-mêmes.

    Ils ne veulent pas être limités par leurs habitations selon ce que Dieu a déterminé ou fixé et auxquelles il les a destinés. Chaque syllabe prononcée par les lèvres de Paul est une offense calculée pour les susceptibilités et les façons de penser de l’homme. Ils ne veulent pas être limités, et donc ils préfèrent avoir leurs monuments « à ce Dieu inconnu. »

    C’est une déclaration de Dieu que les hommes ne veulent pas entendre, qui n’est pas la bienvenue et qui est abrasive. C’est non seulement contraire à leur opinion, mais cela contredit tout à fait tout le fondement de leur croyance, toute leur structure de pensée et leur système de valeurs. Paul contredit intégralement leur façon de vivre et la rend inadmissible.

    Il a voulu qu’ils cherchent le Seigneur, et qu’ils s’efforcent de le trouver en tâtonnant, bien qu’il ne soit pas loin de chacun de nous, car en lui nous avons la vie, le mouvement, et l’être. (Actes 17-27)

    Extrait de – fondements apostoliques – Le défi d’une vie chrétienne authentique. A. Katz

  3. christian

    Mon commentaire a disparu !

    Wouah ! Trop douloureux peut-être ? Tu l’as lu et c’est déjà pas mal.

    Bon, sans rancune. à bientôt dans la fosse.

  4. christian

    Toutes mes excuses J’ignore ce qui s’est passé car mon commentaire n’apparaissait plus et il est revenu.

  5. PierreJ

    En fait, je ne vois pas du tout le rapport entre Saint Paul et Aristote. Où as-tu eu l’idée de comparer ces deux philosophies ??? Qui te dit que Saint Paul avait envie de parler d’Aristote ? Cet article est complètement infondé, ou alors je suis passé par dessus quelque chose. Est-ce que le message d’Aristote était « Aimez-vous les uns les autres » ? J’ai malheureusement l’impression que ce blog essaie de trouver des excuses assez bidons pour discréditer le christianisme. Enfin bon … Mais j’aimerais quand même qu’on m’explique.

  6. Henry Saker

    Bonjour,
    C’est toujours assez amusant de voir les parallèles – mais tous faux – que ce blog essaie de faire entre le Christianisme et la philosophie grecque. Je vais vous répondre, et, je vais prendre mon temps !

    Je reviens sur ce que vous dites sur le discours de Paul. Paul arrive à Athènes, et, son but n’est pas de parler d’Aristote… pas du tout ! Car, Aristote, n’avait pas connaissance de la Philosophie de Paul ! En effet, la Philosophie de Paul semble bien plus grandiose : Le gars parle de la Résurrection des CORPS ! Imaginez-vous ! Donc, tout ce que vous voulez faire croire, est en fait une mauvaise lecture. S. Paul n’était pas con ! Loin de là, ils espéraient que les Athéniens qui donnent quand même beaucoup d’importance à la Raison, écouteront son discours ! Mais, il est une chose qui s’avèrent ici difficile : Il y a des Épicuriens et les Stoïciens parmi les Athéniens ! Pourquoi le discours de Paul n’eut pas de succès ? Vous devriez quand même savoir que pour un Epicurien, une vie après la Mort, encore moins une résurrection, n’est valable. En effet, Épicure écrivait, dans la Lettre à Ménécée :

     » (…) la mort, n’est rien pour nous, puisque lorsque nous existons la mort n’est pas là et lorsque la mort est là nous n’existons pas. Donc la mort n’est rien pour ceux qui sont en vie, puisqu’elle n’a pas d’existence pour eux, et elle n’est rien pour les morts, puisqu’ils n’existent plus (…)  » (Epicure, Lettre à Ménécée)

    Croyez-vous donc qu’un Epicurien aurait pu accepter les discours de Paul centré sur la Résurrection DES CORPS ? Alors que pour un épicurien, la mort n’existe pas… Et il faut profiter pendant qu’on est vivant… Pour ce qui est des Stoïciens, même ratio, ceux-là, étaient centré sur la paix de l’âme (« ataraxie »)… Ainsi, si le discours de Paul n’a pas eu beaucoup d’effet, ce n’est certainement pas pour les raisons que vous énoncez. Non ! Je continue… Loin de ce que vous dites, Paul était un intellectuel, il ne fait pas référence à Aristote, mais tout semble indiquer que au verset 28, il fait référence au poète Aratos, originaire de Cilicie comme Paul lui-même !! Aratos avait écrit : « nous avons tous besoin de Zeus. Aussi bien NOUS SOMMES DE SA RACE » ( Cf. Phénomènes, J, 1. Trad. dans. Rome face à Jérusalem – Il, Supplément Cahier Evangile, n° 42 (1985), p.31). Paul utilise cela pour essayer d’attirer l’attention des Athéniens, mais lorsqu’il prononce le mot « Résurrection », on est tous choqué… On rit,… on dit :  » On t’entendra une autre fois » ! Soulignons tout de même que S. Paul a un sacré courage. certains Athéniens disaient : « On dirait un prêcheur de divinités étrangères » ; soulignons ici le risque qu’avait pris Paul en allant prêcher à Athènes. En effet, quelques siècles auparavant, avait été condamné à mort le philosophe Socrate – condamné à boire la ciguë. Les raisons de sa condamnation à mort étaient similaires à celles de Paul : il introduisait des divinités étrangères dans la Cité (Athènes). Paul aurait pu être condamné à la même peine. Sacré Paul, son amour pour le Christ lui donnait un courage indicible !… Pas donc de liens directs avec Aristote, nulle part, si ce n’est dans l’imagination ! Bref, continuons…

    Je souligne tout de même que, le discours de Paul ne fut pas un échec total, en effet, S. Luc nous dit dans les Actes, et vous l’aurez remarqué, que certains suivirent le discours de Paul et s’attachèrent à la Foi chrétienne, parmi lesquels Denys l’Aréopagite et une femme nommée Damaris (verset 34)

    malgré cette retenue des Athéniens des siècles plus tard, un Athénien, Athénagore, soutiendra l’espérance chrétienne de la résurrection. Nous l’avons évoqué précédemment : combien sont ceux qui sont morts dans le désert ; dévorés par des poissons dans la mer ; morts sans sépulcres et dévorés par des bêtes ? Comment la résurrection est-elle possible si leur chair s’est mêlée à celle des bêtes ? Athénagore y répond en affirmant que ces objections sont dues à la méconnaissance de la puissance de Dieu 🙂 . Ce dernier, s’il a crée l’homme, est capable de le ressusciter, peu importe l’état dans lequel cette personne se trouve. Athénagore poursuit en affirmant également que la chair humaine n’a point été faite comme nourriture des bêtes, si celles-ci mangent des humains, cela est tout simplement contre-nature. Comme il le dit « […] tout aliment que le besoin force à prendre ne profite pas toujours, il se corrompt dans les replis de l’estomac, puisqu’il est vomi et sécrété, ou rendu d’une autre manière. En sorte que, bien loin de se mêler aux parties du corps qu’il devait nourrir, il ne peut supporter une première digestion. De plus, il s’en faut bien que ce qui soutient dans l’estomac la première digestion parvienne en entier aux membres qui devaient s’en nourrir; une partie perd dans les intestins sa vertu nutritive ; d’autres parties, à leur seconde transformation, qui se fait dans le foie, sont sécrétées encore, et vont se mêler aux matières déjà dépouillées de la vertu nourricière… » =) (Athénagore, De la résurrection des corps (V), Traduction de M. Genoude)…

    En définitive, nous avons donc vu que Paul ne faisait aucunement référence à Aristote ! Si son discours fut un échec, c’est parce qu’il s’est retrouvé face au Épicuriens (la mort n’existe pas, l’immortalité est niée, nous devons vivre le présent car rien après la mort), et les Stoïciens (ataraxie, paix de l’âme… = le vrai Bonheur; il y a des dieux mais ceux-ci n’interviennent pas vraiment pour les humains…)… Voilà pourquoi, le discours de Paul avait eu peu de succès ! Imaginez-vous, les Athéniens avaient eu affaire à Platon (immortalité de l’âme, dénigration totale du corps), à Aristote (pas d’immortalité par contre, mais l’unité de l’homme (âme et corps) prônés; même si son traité De anima, reste un vrai casse-tête pour les philosophes)…. Voilà dans quoi avaient baigné les Athéniens, et voilà qu’un jour, un bonhomme débarque et leur dit :  » Ha vous savez pas quoi, dans un avenir proche, après notre mort, nous ressusciterons, pas nos âmes, mais NOTRE CORPS »… Les Athéniens, imaginez-vous le choc : c’était la première fois qu’ils entendaient un telle philosophie… Leur réaction est normale, et on comprend mieux l’échec du discours de Paul… Toutefois, l’échec ne fut pas total, car, quelques siècles plus tard, un Athénien, j’en ai déjà parlé, va défendre la Résurrection, il s’agit d’Athénagore ! Je signale juste qu’Athénagore était d’abord platonicien avant d’être Chrétien ! Il faut croire que le discours de Paul eut un impact assez conséquent, car, comme on le sait, pour un platonicien, le Corps n’est qu’une prison pour l’âme, le corps ne fait pas partie de nous, grosso modo, pour un platonicien, le corps, c’est de la merde ! Athénagore a donc dû mettre cette philosophie loin de lui, pour embrasser celle de Paul… 😀

    Le seul lien qu’on établit avec Aristote est que ce dernier avait dit dans son traité de l’âme, que l’Homme est UNE ÂME ET un CORPS…Ce point de vue rejoint l’anthropologie hébraïque ! Ce qui nous fait penser que, si Aristote était présent lors du discours de Paul, il n’aurait pas ris, au contraire, il aurait sans doute écouter attentivement… Car, la Résurrection est une philosophie difficile, ce qui la rend autant plus grande que toutes les autres philosophies…

    J’ai été long, mais cela demande des pages pour réfuter des absurdités et des liens imaginaires que les bloggueurs peuvent publier sur le web ! 😉 Lisez la Bible normalement, et lorsque vous affirmez des choses, de grâce, soyez-en sûrs… ce qui n’est pas le cas… Ou alors, demandez, et on vous répondra ! Bonne continuation… c’est triste de voir votre article voler en éclats, mais je ne pouvais pas laisser passer celle-là 😥

    A très bientôt ! et salutations à vous !

    • libresansdieu

      Comme me le suggérait un autre lecteur, Paul essaie probablement de convaincre les grecs en parlant leur langage, en utilisant les mêmes prémisses. C’est cette récupération qui me semble douteuse: en tentant de créer un pont, en utilisant (probablement sans le savoir) une « grille » aristotélicienne, Paul se met rapidement les philosophes à dos (pas tous, peut-être, mais c’est Paul qui raconte, alors bon…)

      Les grecs n’étaient certainement pas étrangers à la possibilité de la vie après la mort (exemple notoire: le Théétète de Platon) mais effectivement, l’idée d’une âme réintroduite dans le corps en putréfaction leur semblait dégoûtante. Qui peut les en blâmer? Pas moi: je suis avec Aristote sur ce coup 😉

      • christian r

        Je me permets un copié-collé qui replace le thème dans son contexte spirituel et philosophique.
        Vous pouvez prendre connaissance de l’article entier à cette adresse :
        Confrontation apostolique : Paul sur la colline Mars ( L’aréopage) par Arthur Katz

        Bonne lecture !

        Paul sur la colline de Mars, c’est l’homme sacré confrontant le séculaire; l’esprit spirituel contre l’esprit laïque; la perspective céleste qui sert à réfuter celle qui est terrestre. C’est une confrontation finale, classique, et éternelle, et dont chaque élément dans ce texte, de même que tout ce que l’Esprit de Dieu exprime aux hommes par Paul, est non seulement pertinent dans cet instant opportun, mais continue à réverbérer dans toute l’histoire des temps, et même jusqu’à nos jours. On pourrait même dire en vérité que la chose est bien plus piquante et significative maintenant, à la conclusion de notre âge et de l’histoire, qu’elle ne l’était il y a deux mille ans quand Paul l’a prêchée. Les éléments sont identiques, parce que rien n’a changé. (…)
        L’idolâtrie qui est présente dans notre génération est exactement identique à l’idolâtrie présente du temps de Paul. L’idolâtrie n’est pas quelque chose en relation uniquement avec les autels et les temples païens. Nous devons comprendre, dans son essence, ce qu’est cette chose idolâtre qui imprègne totalement l’esprit de ces époques, et qui a été avec nous depuis la chute de l’homme. C’était Athènes, le siège de l’humanisme et de tout ce que le monde continue à célébrer. Chaque philosophie et chaque façon de penser actuels ont un lien direct avec les philosophies de cette époque-là. Rien n’a changé, excepté les titres. L’Épicurisme et le Stoïcisme, comme philosophies, peuvent être morts en tant que sujets, mais leur substance, ce qu’elles sont, la mentalité, l’égoïsme de ces philosophies en tant qu’alternative à une relation personnelle avec Dieu, existent toujours. Athènes était l’endroit de proéminence ultime dans la civilisation et la gloire qu’était la Grèce. Athènes était connue pour son amour de la sagesse du monde, mais c’était une sagesse qui n’accorde aucune place au seul Dieu véritable.

        L’idolâtrie est quelque chose qui donne à l’homme un minimum de satisfaction psychique et émotive et qui produit quelque chose d’éthéré par le mélange d’orgues et de vitraux, ou d’éléments qui sont leur équivalent moderne. Cela lui permet de penser qu’il a fait son « devoir du dimanche », et qu’il est maintenant libre d’aller jouer sur le terrain de golf ou de football. C’est l’idolâtrie à cœur joie, et c’est puissant. C’est n’importe quelle substitution religieuse de la vérité, de la réalité, et des exigences de Dieu.

        Les idoles n’exigent rien de leurs adorateurs, mais le Dieu vivant nous dit : « Prenez votre croix et suivez-Moi. » Une idole est sourde-muette, elle satisfait les besoins religieux des hommes, et les affranchit des exigences de Dieu. Même « aller à l’église » peut donner à l’homme un sentiment de satisfaction religieuse, et l’absoudre des exigences radicales de Dieu. C’est de l’idolâtrie, peut importe le nom qu’elle porte, ou l’endroit où elle est pratiquée – au marché, à la synagogue, ou à l’église. Avoir un cœur apostolique veut dire avoir un cœur qui bat continuellement du désir de la gloire de Dieu, et qui ne peut pas supporter de voir quelque chose qui lui fait concurrence et qui subjugue l’attention des hommes, qui se donne le nom de culte mais ne l’est pas. Si nous ne pensons pas que ce genre d’idolâtrie ridicule et primaire puisse même être pratiquée en invoquant le Nom de Jésus, alors nous sommes vraiment naïfs. Nous devons voir apostoliquement, si nous voulons être utilisés apostoliquement. Si Paul n’avait été ni affligé, ni irrité dans son esprit, l’événement qui suivit n’aurait pas eu lieu. La peine de Paul trouva sa source dans sa jalousie pour l’amour de Dieu, Sa connaissance de Lui, et parce qu’il savait que ceux qui sont séduits par une substitution idolâtre, sont condamnés éternellement. Paul ne peut pas le supporter, et quand Dieu trouve un tel homme, alors vous pouvez être sûr que cet homme sera amené à l’endroit de la confrontation.

        Et Paul se tint au milieu de l’Aréopage et dit (verset 22) : « Hommes d’Athènes, je vois que vous êtes très superstitieux ».

        Quelle remarque moqueuse! Si vous voulez qu’un type intellectuel et philosophique devienne fou, dites-lui qu’il est superstitieux. Quelle indignité! Ils se gonflent d’orgueil en se croyant être au-dessus de la superstition, et ainsi, en commençant avec une insulte, Paul les titillait déjà. C’était un homme qui disait ce que Dieu lui donnait de dire, sans se soucier le moins du monde des conséquences que cela aurait pu avoir pour lui. Ça, c’est apostolique! Mais si nous sommes craintifs, et si nous marchons et parlons d’une manière prudente, en calculant ce que nous devons dire pour ne pas offenser, alors comment serons-nous un porte-parole de Dieu dans la confrontation avec un monde hostile? Il y en a seulement Un qui peut déterminer ce qui est approprié à n’importe quel moment donné, à savoir le Seigneur Lui-même.

      • Henry M. Saker

        Bonjour,
        Je pense avoir été le plus clair possible dans mon précédent post ! J’espère que vous l’avez lu attentivement ! A lire votre commentaire, on ne le dirait pas… Vous faites encore allusion à Platon, MAIS, cela a déjà été dit ! je le répète donc : Platon est difficilement conciliable avec la philosophie chrétienne de l’HOMME (composé d’âme et de corps)… Chez Platon, l’homme n’est que son âme….Et je ne sais pas pourquoi un de mes commentaires ne s’est pas publié… Je disais un peu la même chose…

        Salutations

  7. christian r

    Bonjour,

    En fait l’homme crée à l’image de Dieu est trinitaire :

     » Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers, et que tout votre être, L’ESPRIT, l’ÂME et le CORPS soit conservé irréprochable. (1 Théssaloniciens 5: 23-24)

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