Les Versets Sataniques (extrait 3)

Les passagers restèrent pris en otage dans l’avion détourné pendant cent onze jours, isolés au bout d’une piste étincelante autour de laquelle s’écrasaient les immenses vagues de sable du désert, parce que quand les pirates de l’air, trois hommes et une femme, eurent obligé le pilote à se poser, personne ne put décider ce qu’il convenait de faire d’eux. Ils n’avaient pas atterri sur un aéroport international mais sur une piste démesurée capable de recevoir des avions de la taille de Jumbos construire afin de satisfaire la marotte d’un cheik local pour son oasis préférée, à laquelle conduisait une autoroute à six voies très populaire parmi les jeunes gens et jeunes filles célibataires, qui se promenaient lentement sur ce vide immense dans de lentes automobiles et en se dévisageant d’une vitre à l’autre… quand le vol 420 se fut posé, cependant, l’autoroute se remplit de voitures blindées, de transport de troupes et de limousines sur lesquelles flottait un drapeau. Et tandis que les diplomates se chamaillaient sur le destin de l’avion, le prendre d’assaut ou non, tandis qu’ils essayaient de décider s’il fallait céder ou rester ferme au mépris de la vie des autres, un lourd silence s’Abattit autour de l’Avion et bientôt les mirages commencèrent.

Salman Rushdie, Les Versets Sataniques, page 93. (Christian Bourgeois Éditeur)

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