La parabole du prêteur sur gage

Une histoire vraie, tirée du forum Talkrational. On vous la traduit/résume.

Le type était un prêteur sur gage. Un jour un client arrive et lui sort une chainette, prétendant que c’est de l’or pur. Sceptique, le prêteur la coupa avec une lime, démontrant que c’était du toc (et endommageant le bijou). Aucunement perturbé, le client lui sort une seconde chaine, et affirme encore qu’il s’agit d’un bijou de grand prix. Encore une fois le prêteur démontre qu’il s’agissait de plaqué or, ruinant le bijou du même coup. Le client, sans démontrer la moindre émotion, sort une troisième chaine de sa poche, puis une quatrième et une cinquième. À chaque fois, le prêteur lui démontre que c’est du faux et le client n’a aucune réaction.

C’est ainsi que font les apologistes chrétiens et les créationnistes. Ils vont avancer un argument, et quand on le réfute, en avancer un deuxième, un troisième, un quatrième. Sans avouer que l’argument précédent était bidon. Sans s’engager à ne plus employer cet argument à l’avenir. Sans s’excuser pour avoir tenté de faire passer un sophisme pour un argument valide.

Comme le chevalier noir dans le film de Monty Python Flying Circus, les apologistes de la foi chrétienne poursuivent leur noble quête:

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3 Commentaires

  1. Michel THYS

    Bonjour,
    N’est-il pas aberrant, jésuitique et même malhonnête intellectuellement, de vouloir tirer argument du fait qu’il est impossible de démontrer scientifiquement l’Evolution ? Il est évidemment impossible de reproduire en laboratoire, même en un siècle, les processus évolutifs qui ont eu lieu en des centaines de millions d’années !
    Bien que la compréhension que nous en avons soit encore balbutiante, l’Evolution n’est déjà plus une théorie (cf Jean-Paul II), mais un fait flagrant, confirmé par toutes les observations, et malgré les « chaînons manquants », inévitables compte tenu des tous les cataclysmes climatiques et géophysiques.
    La seule question pertinente me paraît donc être :
    Pourquoi les créationnistes le sont-ils ? Ont-ils vraiment choisi de l’être ?

    Ni l’ouvrage de feu Rémy CHAUVIN (« Le darwinisme ou la fin d’un mythe »), ni la remarquable étude du CNRS à propos de l’évolutionnisme et du créationnisme
    http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosevol/decouv/articles/chap1/lecointreInter.html, aussi complète soit-elle, n’abordent pas la question de savoir pourquoi les créationnistes sont manifestement imperméables à toute argumentation rationnelle et scientifique.
    Pourquoi tentent-ils de mettre sur le même plan une croyance, le créationnisme, et une théorie, l’évolutionnisme (qui est même un fait) ? L’ « argument » jésuitique des créationnistes, estimant que deux « vérités » contradictoires sont conciliables parce qu’elles se situent à des niveaux différents (le comment et le pourquoi) est évidemment malhonnête intellectuellement.

    Il faut reconnaître qu’à notre échelle moins que centenaire, il est difficile, et même quasi impossible, de se représenter une durée aussi longue que des millions d’années et donc le temps qu’il a fallu pour que la vie apparaisse à la suite de la chute d’une météorite, qu’elle se diversifie et qu’elle évolue, par adaptations, complexifications et mutations successives et aléatoires jusqu’à l’être humain.
    A fortiori, on peut comprendre que le génome, les prodigieuses capacités du cerveau humain, etc … paraissent inconcevables à certains sans l’intervention (ex nihilo , ? !) d’un « grand architecte » anthropomorphique et « créateur de l’homme à « Son » image ».
    Il y a aussi l’orgueil qui empêche les croyants d’admettre que l’être humain fait partie du règne animal, persuadés qu’ils sont d’avoir une relation privilégiée avec Dieu …

    La croyance créationniste, ou dans le « dessein intelligent », comme réponse immédiate, sécurisante et définitive à l’incertitude et aux lacunes actuelles des sciences, est à mes yeux indigne de l’intelligence, mais elle est d’autant plus compréhensible que, comme l’a dit avec raison, le pasteur évangélique Philippe HUBINON à la RTBF, :
    « S’il n’y a pas eu création, tout le reste s’écroule ! ». J’observe en effet qu’après l’âge d’environ 25 ans environ, il devient rare, voire impossible, d’encore parvenir à remettre en question ses options fondamentales, sans doute pour ne pas se déstabiliser, ou alors pour ne pas se désavouer. Certes, comme l’écrit Guillaume LECOINTRE, « la science est tout simplement non intentionnée. Pour autant, elle n’est peut-être pas dénuée de conséquences vis-à-vis de la philosophie ».
    En effet, les observations des neurosciences, en particulier, loin de chercher à prouver l’inexistence de dieu, tendent, me semble-t-il, à prouver son existence imaginaire et illusoire.

    Il ne faut évidemment rien attendre, si ce n’est a contrario, de certains pseudo scientifiques canadiens, largement financés par la Fondation chrétienne Templeton qui espère prouver scientifiquement l’existence de dieu !. C’est ainsi que, pour conforter sa propre croyance finaliste, Mario BEAUREGARD notamment, a sérieusement cherché dans le lobe temporal droit l’antenne, le récepteur que dieu y aurait placé pour recevoir sa « Révélation » . ! Non seulement ce neurophysiologiste a dû reconnaître qu’un tel récepteur n’existe pas, tout le cerveau étant concerné par l’attitude religieuse, mais il occulte totalement l’influence éducative et culturelle de l’éducation religieuse. Et pour cause puisqu’ il en a lui-même été une victime (inconsciente) …

    Mais est-il possible d’émettre des hypothèses explicatives, fussent-elles définitivement très partielles, sur l’origine et la fréquente persistance de la foi, même chez des scientifiques, par ailleurs souvent éminents ? Il n’est bien sûr pas question de vouloir simplifier ou réduire l’extraordinaire complexité du psychisme humain, et en particulier le phénomène religieux, à des « mécanismes » psycho-neuro-physio-génético-cognitivo-éducatifs. Pourtant, cette nouvelle approche permet déjà, à mes yeux, de relativiser la part de liberté individuelle.
    Comme l’a écrit le neurobiologiste Henri LABORIT :  » (…) Je suis effrayé par les automatismes qu’il est possible de créer à son insu dans le système nerveux d’un enfant. Il lui faudra, dans sa vie d’adulte, une chance exceptionnelle pour s’en détacher, s’il y parvient jamais.(…) Vous n’êtes pas libre du milieu où vous êtes né, ni de tous les automatismes qu’on a introduits dans votre cerveau, et, finalement, c’est une illusion, la liberté ! ». Finalement, ce qui importe, ce n’est pas tant CE que l’on pense, mais POURQUOI on le pense.

    C’est un fait d’observation sociologique : statistiquement, la liberté de croire ou de ne pas croire est souvent compromise, à des degrés divers, par l’imprégnation de l’éducation religieuse familiale, forcément affective puisque fondée sur l’exemple et la confiance envers les parents, et confortée par l’influence d’un milieu culturel, unilatéral puisqu’il exclut toute alternative laïque non aliénante et qu’il incite, à des degrés divers, à la soumission à une Vérité exclusive, et intolérante.
    L’éducation coranique en témoigne hélas à 99,99 %.

    La soumission religieuse s’explique : comme l’avait déjà compris Desmond MORRIS, en 1968, dans « Le Singe Nu », Richard DAWKINS estime, dans « Pour en finir avec dieu », que du temps des premiers hominidés, le petit de l’homme n’aurait jamais pu survivre si l’évolution n’avait pas pourvu son cerveau tout à fait immature de gènes le rendant dépendant, et totalement soumis à ses parents (et donc plus tard à un dieu … !).

    Dès 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, alors professeur à l’Université catholique de Louvain, a montré, sans doute à son grand dam, qu’en l’absence d’éducation religieuse, la foi n’apparaît pas spontanément, et que la religiosité à l’âge adulte en dépend. Son successeur actuel, le professeur Vassilis SAROGLOU, le confirme. Ce nouveau mécanisme de défense, animiste du temps des premiers hominidés, n’est apparu que grâce à la capacité évolutive du seul cortex préfrontal humain, à imaginer , grâce au langage et par anthropomorphisme, un « Père protecteur, substitutif et agrandi » , fût-il de nos jours qualifié, par rationnalisation, de « Présence Opérante du Tout-Autre »,(A. Vergote).

    Comme on pouvait le prévoir, des neurophysiologistes ont constaté que chez le petit enfant, alors que les hippocampes (centres de la mémoire explicite) sont encore immatures, les amygdales (celles du cerveau émotionnel) sont déjà capables, dès l’âge de 2 ou 3 ans, de stocker des souvenirs inconscients (donc notamment ceux des prières, des cérémonies, des comportements religieux des parents, …, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal inférieur. Ces « traces » neuronales, renforcées par la « plasticité synaptique », sont indélébiles …
    L’ IRM fonctionnelle confirme que le cortex préfrontal et donc aussi bien l’esprit critique que le libre arbitre ultérieurs s’en trouvent anesthésiés à des degrés divers, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect, du moins dès qu’il est question de religion.

    On comprend que, dans ces conditions, certains athées comme Richard DAWKINS, ou certains agnostiques, comme Henri LABORIT, au risque de paraître intolérants, aient perçu l’éducation religieuse précoce, bien qu’a priori sincère et de « bonne foi », comme une malhonnêteté intellectuelle et morale. Bien que les religions, et a fortiori leurs dérives (guerres religieuses, inégalité des femmes, excisions, …) soient plus nocives que bénéfiques à tous points de vue, il va de soi que la foi restera toujours un droit élémentaire, mais d’autant plus respectable qu’elle aura été choisie en connaissance de cause, plutôt qu’imposée.

    Michel THYS à Waterloo. michelthys@base.be http://michel.thys.over-blog.org

  2. Déréglé temporel

    « C’est ainsi que font les apologistes chrétiens et les créationnistes. Ils vont avancer un argument, et quand on le réfute, en avancer un deuxième, un troisième, un quatrième. Sans avouer que l’argument précédent était bidon. Sans s’engager à ne plus employer cet argument à l’avenir. Sans s’excuser pour avoir tenté de faire passer un sophisme pour un argument valide. »

    C’est ainsi que font 90% des débatteurs, y compris bon nombre d’athées.

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