Athéophobie chez Jean Tremblay et Michel Lizotte (qui est en prime homophobe)

Toujours en train de voir un complot athée du moment qu’il est question de laïcité, Jean Tremblay nous livre cette belle phrase:

C’est évident que les athées, qui se déguisent sous toutes sortes de noms, essaient de prendre du terrain partout pour nous empêcher, nous, de faire notre religion d’une façon tout à fait correcte.

Et oui, les méchants athées qui veulent « nous empêcher » de « faire notre religion ». Tremblay n’a aucune idée de ce à quoi le Québec ressemblerait si les athées décidaient vraiment d’empêcher les gens de « faire leur religion ».

Il s’avère que l’État (et ses institutions) ne devrait pas avoir de religion. Les athées n’ont pas de religion. On peut faire ce genre de lien, mais ça ne veut pas dire que l’État est athée, et ça ne veut surtout pas dire que des athées militants cherchent à imposer leur vision du monde à l’ensemble de la population. Les théories du complot, ça suffit!

Pendant ce temps, Michel Lizotte avance bien pire comme théorie du complot: les athées sont des pédophiles en puissance, à son avis. On rapporte ses propos dans Le Soleil:

Le journaliste Michel Lizotte, auteur de L’homosexualité : les mythes et les faits, a pour sa part dénoncé la prépondérance des «athées sans foi ni loi» qui, contrairement aux «amis de Jésus», ne sont pas tenus de respecter la loi divine. Il a dit regretter le fait que, de nos jours, il est de plus en plus risqué de laisser son enfant se rendre seul dans un parc où pourraient se trouver des pédophiles. «Avec des amis de Jésus, nous n’aurions pas ce problème», a-t-il soutenu, ajoutant qu’il est important de «créer des milieux chrétiens et des institutions parallèles».

Il faudra repasser voir les arguments de ce Lizotte, un hurluberlu qui donne des cours d’hétérosexualisation à des enfants. Des enfants de parents catholiques et homophobes, qui, on s’en doute, craignent que leur enfant joue dans la « mauvaise équipe ». MafiaRose a assisté à une de ses conférences il y a quelques années, expérience qu’il résume par:

je me serais cru dans une conférence de fanatistes évangélique en plein coeur du « Bible Belt » américain.

Patrick Lagacé a aussi rencontré ce cas lourd, il en parlait l’année dernière:

…le thème même des ateliers proposés par Michel Lizotte est profondément dégueulasse et n’a rien d’inoffensif. Parce qu’il exploite des parents forcément tourmentés qui essaient probablement, de bonne foi, d’épauler leur fils ou leur fille dans une période trouble de leur développement

Jean Tremblay n’aime pas les athées, mais c’est un zozo sympathique. Lizotte, lui, est un cas grave d’athéophobie et d’homophobie dont il faudra reparler prochainement.

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2 Commentaires

  1. Marc Saindon

    Encore la même idée, celle que les « «athées sans foi ni loi» qui, contrairement aux «amis de Jésus», ne sont pas tenus de respecter la loi divine.  » Évidemment, si Sartre était mieux connu, on cesserait d’entendre ce genre de niaiserie. Du moins, je l’espère.

    La religion crée surtout des demi-civilisés, qui ne tuent pas parce qu’ils ont soumis leur conscience (de façon infantile) à une entité imaginaire (qui fait figure paternelle), plutôt que d’agir simplement correctement, par empathie et sympathie, à l’égard de son prochain. Ce mécanisme béhavioriste crée, pour une société chrétienne (dont les membres se situent majoritairement au bas de l’échelle des stades de Kohlberg), une relative stabilité, mais à quel prix?

    En bout de ligne, la religion crée, dans une société, deux catégories de personnes: les « nous » qui, en adhérant à la même religion, sont considérés pleinement comme des êtres humains, et les « autres », les gens qui par différence d’opinions et de croyances deviennent, au mieux, moins qu’humains et, au pire, des indésirables à éliminer activement et sans regret. Ce genre de raisonnement manichéen, par lequel on considère certaines catégories de personnes comme étant moins qu’un humain (e.g.: femmes, homosexuels, gens appartenant à d’autres ethnies), est à la base d’innombrables crimes qui, d’une manière orwellienne, sont toujours perpétrés au nom du « bien ». Cette dévotion (chrétienne) combinée à un manque d’empathie est souvent récupérée à des fins intéressés par certains « lobbys » assoiffés de pouvoir comme le Vatican (e.g.: Croisades, Inquisition, pensionnats amérindiens, orphelins de Duplessis, etc.). En fait, être catholique, c’est abdiquer son esprit critique et agir fondamentalement contre les enseignements du Christ, à en voir les abus des deux derniers millénaires. Alors pour les « amis de Jésus », avec des amis comme eux, pas besoin d’ennemis.

    La source du « mal » (si on se permet d’utiliser ce concept comme un terme absolu, bien que la réalité des dilemmes moraux soit nuancée) est ce manque fondamental d’empathie d’une personne envers celui qui est « autre ». Le danger de la pensée intégriste (et sans empathie) n’est pas unique à la religion chrétienne, et on peut voir le même genre de dérapages parmi des mouvements idéologiques, que soit en Allemagne nazie à l’égard des Juifs, en Amérique du Nord par rapport aux Autochtones, ou en URSS face aux « ennemis de l’État »… . Si la foi (spiritualité personnelle et privée) peut être un véhicule de grâce, la religion (récupération politique et idéologique de la spiritualité) tant qu’à elle, est une partie du problème et non une partie de la solution.

    Il évident qu’il faut séparer l’Église de l’État pour à la fois protéger la spiritualité personnelle et privée du citoyen contre les dérapages des « business de religions » (e.g. Église catholique) et défendre les droits fondamentaux de la personne contre une « tyrannie de la majorité » qui utiliserait les rouages de l’État pour consolider son hégémonie idéologique, ainsi que pour intimider et persécuter les minorités. Il faut une refonte complète de la Constitution canadienne, avec comme point de départ celui de la laïcité de l’État, ce qui aurait pour résultat, par exemple, celui d’un désengagement complet du gouvernement du Québec dans le financement de l’enseignement de la religion catholique dans le milieu scolaire public.

    Les athées ne sont pas « sans foi ni loi »: par principe humaniste, ils se responsabilisent eux-mêmes de leurs actes auprès de leurs prochains, parce que ça va de soi, et qu’il n’est pas nécessaire pour eux d’avoir des amis imaginaires pour se conduire en bons citoyens.

  2. Pingback: “Ta vie ton choix” cite George Alan Rekers! | Le blog Libre sans dieu!

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