Violences envers les femmes en Algérie

C’était dans La Presse ce matin:

Leur «crime»: être femme

Laura-Julie Perreault, envoyée spéciale
La Presse

La ville de Hassi Messaoud, en plein désert algérien, est connue pour trois raisons. D’abord pour le pétrole, qui y coule à flots. Ensuite pour les emplois, qui y sont beaucoup plus nombreux et mieux payés qu’ailleurs au pays. Mais c’est la troisième raison qui retient l’attention ces jours-ci: Hassi Messaoud terrorise les femmes qui veulent y gagner leur vie.

(…)

Dans Bouamama, l’un des quartiers les plus malfamés de l’endroit, que ses habitants appellent El-Haïcha (ce qui peut se traduire par «la bête»), vol, viol et lynchage ont été les trois mots d’ordre d’une nuit de violence inouïe.

Accroupi à l’ombre d’un mur pour se protéger du soleil ardent qui fait d’El-Haïcha une fournaise – il y fait 45° à l’ombre -, un jeune chômeur de 27 ans qui dit s’appeler Djelloul raconte cette nuit d’enfer: «J’y étais, mais je ne suis pas assez fou pour vous dire si j’y ai pris part. Ce jour-là, l’imam du coin a demandé aux musulmans de débarrasser le quartier de sa « pourriture ». Après le prêche, les hommes âgés sont allés parler aux femmes de moeurs légères qui nous ont volé 50% des emplois. Au début, c’était pacifique, mais des plus jeunes s’en sont mêlés et ça a dégénéré», raconte le jeune homme. «On avait averti les femmes, mais elles n’ont pas eu peur», ajoute son ami en haussant les épaules.

On apprend aussi que les médias locaux ont tenté d’étouffé l’affaire, affirmant que ces femmes étaient tous des prostitués (comme si ça justifiait le massacre). De beaux salauds.

En juillet 2001, l’Humanité n’avait pas hésité à parler d’islamisme:

À Hassi Messaoud, il n’y a pas que le pétrole qui coule. L’intégrisme islamiste a refait son apparition. Dans la nuit du vendredi 13, aux environs de 22 heures, au samedi 14 juillet, 300 individus habitant le quartier Bouamama s’en sont pris avec une rare férocité à des femmes vivant seules dans des habitations vétustes dans le lieu-dit  » Haïcha « . Aux cris de  » Allah ou akbar « , les assaillants n’ont pas lésiné sur les moyens : viol collectif, agressions à l’arme blanche et au gourdin, faisant une vingtaine de blessées dont six dans un état jugé très sérieux.

(…)

À l’origine de cette expédition, un imam islamiste, Amar Taleb, qui lors de la grande prière du vendredi à la mosquée de la ville a prononcé un prêche virulent contre ces femmes au comportement  » immoral « , a appelé les habitants  » à chasser les fornicatrices de leur quartier « . Fanatisés, les assaillants ont alors décidé de punir au nom de Dieu ces femmes, dont le seul crime est de vivre seules à Hassi Messaoud. En réalité, elles viennent des régions du nord de l’Algérie, travaillent comme femmes de ménage dans les entreprises pétrolières étrangères de la région et, de fait, elles sont accusées de prostitution.

(Trouvé sur ce blog, que je vous recommande vivement.)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s