Pas seulement les croyants

Wired rapporte que les gens propres se sentent moralement supérieurs, selon un article dans Journal of Experimental Social Psychology. Plusieurs autres articles avaient déjà étudié le phénomène (exemple).

Ce genre d’étude est très intéressant puisqu’il permet de faire l’ultime coup dans l’arsenal athée: réduire un aspect du phénomène religieux à quelque chose de plus universel ne dépendant pas du surnaturel. Dans ce cas-ci: l’association entre la propreté (physique) et la morale, qui est à la base de toute l’idéologie du « péché », de la purification, etc.

L’étude rapportée dans Wired soutient que, lorsqu’on les place dans un état mental associé à la propreté, les sujets font des jugements moraux plus sévères. Cela en dit beaucoup sur les religieux, qui sont souvent suffisants dans leurs positions éthiques. Je ne pourrais me prononcer concernant l’Islam (qui semble tout de même jouer la carte de la pureté) mais en ce qui concerne le christianisme, c’est une chose certaine. L’ontologie même de cette religion permet et encourage la division entre le propre-sacré-moral et le malpropre-séculier-immoral. Rapidement se crée l’écart entre le « nous », les gens propres, dignes, purs, fidèles, et les gens « sales », qui sont « dans le monde », impurs, infidèles, etc.

Un ami catholique assez au courant de la politique au sein de l’Église au Québec me disait récemment ceci: pour monter dans les rangs de l’Église, il ne faut pas être un homme du peuple. Trainer parmi les paroissiens, cela rend la tâche plus difficile lorsqu’il est question d’appliquer aveuglément les règles et doctrines du Vatican. Y’a qu’à penser à notre ami le Cardinal Ouellet, un curé de bureau complètement déconnecté du monde réel. Ce type veut être pape, c’est évident. Pour y arriver, il faut sciemment ignorer la souffrance des gens, par exemple des victimes de viol (c’est sale!).

Le fait que plusieurs croyants s’estiment moralement supérieurs est un thème qui est souvent abordé ici, et je ressens toujours une grande satisfaction à l’écrire encore et encore. Mais ce qui est encore plus satisfaisant est de montrer que ce sentiment de supériorité n’est pas le propre du religieux mais exploite plutôt des mécanismes mentaux issus de la sélection naturelle, mécanismes qu’on pourrait bien retrouver dans d’autres dynamiques sociales non religieuses.

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