Ça c’est mon genre de religion

Comment distinguer une religion d’une bande de personnes en nombre suffisant qui font quelque chose d’étrange?

On Oct. 25, 2006, police charged Rev. Brother Peter Styrsky, 53, and Rev. Brother Shahrooz Kharaghani, 32, with trafficking in marijuana and hashish after raiding their church — Beaches Mission of God — on Queen St. E.

But their lawyers, Paul Lewin and George Filipovic, argued that the cannabis plant is sacred to the men’s religion, the Assembly of the Church of the Universe, which claims about 35 active ministers and 4,000 members across Canada.

Il n’y a pas vraiment de différence:

There is no reasonable way to allow for the use of cannabis for religious purposes, Herman wrote. “It is difficult, if not impossible for an outsider to identify the religious user . . . because religious use is barely distinguishable from recreational use.”

Et la même chose peut s’appliquer à toutes les religions. Le jugement, au fond, revient à admettre que les religions font des choses ridicules, mais que si on tolère cette religion, on vient d’enlever toute crédibilité aux autres religions qui font aussi des choses ridicules mais sont plus conformes aux normes sociales.

Autrement dit il ne faut pas permettre le citoyen lambda de s’inventer une religion dans le but d’obtenir des privilèges lorsque cela lui sied. Le problème est qu’il n’y a aucune différence claire et observable entre les deux phénomènes. Prenons cet exemple:

  1. Dans une école où les élèves doivent avoir la tête découverte, l’adolescente X décide de rendre un culte à Nike qui s’exprime par le port de la casquette de la marque du même nom;
  2. Dans une école où les élèves doivent avoir la tête découverte, l’adolescente Y porte le foulard islamique.

La réponse de la direction serait (et je ne doute pas que ce genre de situation s’est réellement produit, les ados sont parfois très créatifs dans leur protestations) que l’ado X n’est pas « sincère » dans sa croyance et que le culte de Nike n’est pas une vraie religion. Mais comment peut-on juger d’une telle chose? Les institutions n’ont pas le droit de juger de la validité d’une religion – ce serait une grave entorse à la laïcité « ouverte » qui sévit en Ontario et dont rêvent les hypocrites à Québec.

On a déjà contourné les règles pour accommoder des croyants. En plus des histoires de burqa, on autorise le porte-à-porte non sollicité des Témoins de Jéhovah même si le règlement municipal l’interdit (dans certaines localités), on tolère le port d’une arme blanche (le fameux kirpan), on tolère l’ivresse sur la voie publique (les jeunes juifs « sur le party » pendant le Yom Kipour), etc.

Pourquoi ne pas autoriser une religion basée sur le cannabis à pratiquer son culte en fumant des produits tirés de cette plante? Car il faudrait alors reconsidérer le traitement des autres cas mentionnés ci-haut. On fait de la laïcité ouverte ou on ne le fait pas.

L’Église de l’Univers a trouvé l’ultime faille. On leur lève notre joint bien haut.

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2 Commentaires

  1. Déréglé temporel

    Isssshhhhhhh, y’a de l’abus dans cet article!

    Bon, d’abord, l’exemple des écoles versus l’église des potteux est mal choisi. Les ados ne sont pas majeurs, donc pour fonder une nouvelle religion sans l’avis de leurs parents, j’ai de très, très gros doutes.

    « Les institutions n’ont pas le droit de juger de la validité d’une religion – ce serait une grave entorse à la laïcité « ouverte » qui sévit en Ontario et dont rêvent les hypocrites à Québec. »

    Je trouve cette affirmation gratuite et pas du tout évidente. Elle aurait mérité d’être argumentée plutôt que d’être assenée comme une vérité. Nos institutions en réalité sont déjà des arbitres de ce qui peut ou non être considéré comme une religion, même si tout le monde ne s’entend pas sur les critères. Il n’y a que les militants athées pour affirmer aussi gratuitement que tout ce vaut, pour mieux faire valoir leur position sur l’absurdité des religions; très politiquement orienté comme position, et trop peu pragmatique pour être recevable comme argument, de mon point de vue.

    « on tolère le port d’une arme blanche (le fameux kirpan) »

    Vous avez le droit d’être contre, mais histoire d’être responsable, il faudrait dire la situation dans sa réalité, pas dans sa caricature: on a le droit au port du kirpan dans les écoles à condition qu’il se trouve dans
    une enveloppe scellée restreignant son accès à l’enfant.
    Trop de propos extrémistes contre les minorités ont été tenus sur la base de caricatures honteuses du jugement Multani pour qu’on colporte ce mythe, quoiqu’on pense par ailleurs de la décision de la cours suprême.
    http://www.unesco.chairephilo.uqam.ca/Van-Praagh.pdf

    « on tolère l’ivresse sur la voie publique (les jeunes juifs « sur le party » pendant le Yom Kipour) »

    à priori, je désapprouverais une telle décision, mais:
    1. je n’en ai pas entendu parler et ne m’estime pas en mesure de juger par moi-même
    2. vu ce que tu as dis du kirpan, je doute de pouvoir te faire confiance pour rapporter fidèlement cette affaire du Yom Kippour.

  2. Feel O'Zof

    Éventuellement, grâce à ce genre de situations, on va finir par se rendre compte que de permettre une entorse à la loi pour des raisons religieuses est une pente très glissante. Sur mon blog, j’ai déjà exprimé mon opinion à ce propos qui est que l’on devrait, dans les demandes d’accommodements, se contenter de considérer l’importance que cette pratique illégale a pour l’individu, indépendamment de sa religiosité, et des conséquences que sa légalisation aurait. Autrement on ouvre la porte à la création de religions bidons n’ayant pour but que de donner un caractère religieux à n’importe quelles infractions.

    Sinon, je pense qu’en nous débarrassant simplement de certaines lois et règlements arbitraires – dont l’interdiction de porter un couvre-chef à l’école ou l’illégalité de consommer du cannabis – on serait déjà une société plus ouverte sur la diversité et plus respectueuse du libre-arbitre de l’individu. Ça me semble plus sage que de nous plier à toutes les demandes d’accommodements pour des raisons religieuses, sans mesurer l’impact de ces passe-droits.

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