Dogtooth et la Coalition pour la Liberté en Éducation

Enfin vu: l’excellent Dogtooth de Giorgos Lanthimos. (Il y a une bonne analyse ici, attention aux spoilers.)

Je serai bref: la Coalité pour la Liberté en Éducation (CLÉ), dans ses communiqués, sur son site ainsi que dans des commentaires/menaces laissées sur des blogs, met toujours de l’avant l’argument selon lequel ce sont « leurs enfants », ils ont le droit d’éduquer « leurs enfants » comme ils le veulent. Les expressions « leur enfant » ou « leurs enfants » se retrouvent cinq fois sur la page décrivant la mission de la CLÉ, qui dénonce notamment le fait que « Les parents ont perdu le pouvoir de décider pour leur enfant« . (emphase dans le texte).

C’est exactement le même argument que pourrait évoquer les parents cinglés du film Dogtooth, qui est au fond un film qui effectue un gros reduction ad absurdum de cette variante perverse déterminisme culturel (et de son proche cousin, le relativisme culturel) souvent aperçue dans le discours anti-laïque. L’analyse du blog mentionné au début vise juste:

Dogtooth starts by redefining common nouns in an absurd way.  Since we know only a tiny slice of the family’s private vocabulary, this immediately puts us on edge.  We realize that we might decode the dialogues that follow differently than the characters do, a suspicion that’s soon confirmed when the youngest daughter asks her mother to pass her the “phone” when what she really wants is the salt shaker.  But Dogtooth isn’t concerned with abstruse linguistic philosophy or with meaningless insights about the arbitrariness of signifiers; it’s concerned with reality.  Not with the mechanics of how we come to know and understand reality, but with the deep emotional and moral impulse to break through lies and deceit.  We immediately sense and feel that what the parents do to the children is wrong; even if the kids are well-fed, protected, and perfectly happy in their walled estate, we know that they have been abused and degraded by being kept apart from reality.  We hate the Mother and Father for imprisoning them, and root for the offspring to break through the walls that surround them.

En écoutant le film, on a ce malaise, cette réaction provenant des tripes et qui crie « C’EST MALSAIN CETTE FAMILLE, C’EST DÉBILE! » mais dans une perspective relativiste, tout cela se tiendrait. Car c’est seulement selon la moralité de l’au-delà-de-la-clôture qu’on peut juger défavorablement ce qui se passe dans l’enceinte.

Un commentaire

  1. Durandal

    L’article 2.2 de la Loi sur la Protection de la Jeunesse (L.R.Q.) stipule que : « La responsabilité d’assurer le soin, l’entretien et l’éducation d’un enfant et d’en assurer la surveillance incombe en premier lieu à ses parents.

    L’article 2 du Protocole additionnel à la Convention de sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales, dont nous sommes signataires, stipule : « L’État, dans l’exercice des fonctions qu’il assumera dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement, respectera le droit des parents d’assurer cette éducation et cet enseignement conformément à leurs convictions religieuses et philosophiques. »

    Bref que l’État cesse d’outrepasser son mandat, que l’école publique (financée par les parents !) cesse de se prendre pour des missionnaires nouvel-âge et qu’elle fasse ce pour quoi elle est conçue : apprendre à lire, écrire, calculer, et connaître l’histoire nationale.

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