Catégorie: théologie

Rédiger un sermon, c’est facile et amusant!

Doit-on être impressionné par l’effort intellectuel requis pour rédiger un sermon? On parle ici d’un vrai sermon comme on en entend dans les églises protestantes, d’une durée d’environ 45 minutes et parfois plus. Comment le pasteur peut-il établir autant de lien pertinents entre des passages bibliques? Comment arrive-t-il à appliquer un récit hébreux datant d’il y a plus de 3000 ans à la vie actuelle? Et comment peut-il faire tout ça avec une apparence de facilité?

La réponse: ce n’est pas une apparence de facilité. C’est réellement facile. N’importe qui peu le faire. Le secret? Avoir les bons ouvrages de référence, plus particulièrement une bonne concordance et, pour les plus motivés, une bible avec commentaires.

Une concordance est un ouvrage répertoriant les occurrences d’un certain terme (et parfois d’un concept) à travers un ouvrage.  Vous entrez quelque chose comme « foi » et la concordance vous indique tous les versets utilisant le terme « foi », et parfois aussi les passages apparentés à ce thème. La concordance Strong’s n’est probablement pas la meilleure mais elle est très répandue (une version en ligne ici).

Faisons un petit test. Je prends un thème qu’on retrouve souvent dans la psycho-pop et les magazines féminins: la confiance en soi. Je tape donc « confidence » dans la concordance. C’est merveilleux! Le site internet me permet d’effectuer beaucoup plus rapidement mon travail de théologien de bistrot – en temps normal il faudrait ouvrir trois ou quatre ouvrages pour avoir cette information. La colonne « dictionnaire » me donne des définitions qui seront utiles:

1. (n.) The act of confiding, trusting, or putting faith in; trust; reliance; belief; — formerly followed by of, now commonly by in.

2. (n.) That in which faith is put or reliance had.

Et puis:

6. (n.) Having self-reliance; bold; undaunted.

7. (n.) Having an excess of assurance; bold to a fault; dogmatic; impudent; presumptuous.¸

Vous avez compris où je vais en venir? Je vais mettre en opposition la « bonne » confiance (avoir foi en Dieu) et la « mauvaise » confiance (être présomptueux, avoir foi en soi-même). Je vais illustrer ces deux opposés avec différents passages et histoires bibliques. J’ai déjà un titre potentiel: Les deux types de confiance.

Maintenant, il faut aller à la pèche aux extraits bibliques. La tradition veut qu’on utilise au moins un passage de l’Ancien Testament et un passage du Nouveau. Le tout sert à montrer donner l’impression d’une continuité dans l’ensemble du texte biblique. Et aussi peut-être que la personne qui prêche connait vachement bien sa Bible (ce qui n’est pas nécessairement vrai, pour la raison que vous connaissez maintenant.)

La Bible nous fournit heureusement plusieurs récits d’hommes ayant eu un excès de confiance en eux et qui se voient humiliés à la fin; ou encore des hommes qui ont placé leur confiance en Yahvé et ont été récompensés.

C’est le cas d’Ézéchias, roi de Juda. Assiégé par le roi d’Assyrie qui raille la confiance des hébreux en leur dieu Yahvé, il demeure ferme dans sa foi. Finalement, Yahvé protège la ville et les assyriens sont vaincus. C’est dans 2 Chroniques. Il faudra d’ailleurs reparler de Sankhérib, le roi d’Assyrie, car ce gars est brillant:

En quoi vous confiez-vous, que vous demeuriez assiégés dans Jérusalem? 11 Ézéchias ne vous incite-t-il pas, pour vous livrer à la mort par la faim et par la soif, en disant: L’Éternel, notre Dieu, nous délivrera de la main du roi d’Assyrie? (…) 13 Ne savez-vous pas ce que j’ai fait, moi, et aussi mes pères, à tous les peuples des pays? Les dieux des nations des pays ont-ils bien pu délivrer leur pays de ma main? 14 Lequel d’entre tous les dieux de ces nations que mes pères ont détruites, a pu délivrer son peuple de ma main, pour que votre Dieu puisse vous délivrer de ma main? 15 Et maintenant, qu’Ézéchias ne vous trompe pas, et qu’il ne vous séduise pas de cette manière, et ne le croyez pas; car aucun dieu d’aucune nation ni d’aucun royaume n’a pu délivrer son peuple de ma main ni de la main de mes pères; combien moins votre Dieu vous délivrera-t-il de ma main!

(Je n’aurais pu dire mieux. Sankhérib est mon nouveau héros biblique.)

Sankhérib a eu confiance en ses propres moyens… car il ne s’était pas encore heurté au Seul Vrai Dieu ™. On ne rigole pas avec Yahvé.

Cependant, avoir Dieu de son côté ne veut pas dire qu’on peut agir impunément. Romains 2:19 nous le rappelle:

toi qui te flattes d’être le conducteur des aveugles, la lumière de ceux qui sont dans les ténèbres,20 le docteur des insensés, le maître des ignorants, parce que tu as dans la loi la règle de la science et de la vérité; 21 toi donc, qui enseignes les autres, tu ne t’enseignes pas toi-même!

(Oui je sais qu’en faisant ça j’ignore complètement le contexte de Romains 2. Mais le but n’est pas de faire une bonne analyse textuelle… c’est de balancer un verset qui semble concorder.)

On a donc appris deux choses:

  1. Il faut placer sa confiance en Dieu et non en l’homme;
  2. Il faut demeurer humble, même si on croit avoir Dieu avec nous.

Pour conclure, il serait approprié de balancer quelques passages à propos de Paul en prison. Ou de Jésus dans le jardin avant sa crucifixion. Les récits de « confiance en Dieu » abondent.

Voilà donc une sermonette composée en quelques minutes. En ajoutant des anecdotes personnelles, peut-être tirées de sites d’anecdotes de sermon (ça existe!), et autres illustrations amusantes, on obtient un sermon complet.

Soyez bénis.

Le tout a été un exercice amusant que je compte répéter, cette fois en faisant bon usage d’anecdotes plus ou moins éculées. Avec un peu de chance, vous aurez droit à l’étudiant-qui-conteste-le-prof-et-s’avère-être-Einstein.

Sophismes et preuve cosmologique

Deux hommes arrivent dans un bar. L’un d’eux dit au barman « deux verres de vin rouge, je vous prie ». Le barman va-t-il leur donner deux verres chacun (quatre verres au total), ou chacun un verre? Par le contexte, il devrait comprendre que ces deux hommes veulent chacun un verre.

Prenons un autre cas: « tous les restaurants de ce quartier ont un excellent chef ». À partir de cette phrase, on pourrait croire que tous ces restaurants ont le même chef! Mais le contexte nous fait comprendre que tous les restaurants ont chacun un chef.* L’affirmation inverse (un seul chef) est un sophisme. Regardons-y de plus près:

  1. Tous les restaurants ont un chef qui lui est associé.
  2. Donc un chef est associé à tous les restaurant.
  3. Donc un seul chef cuisine pour tous les restaurants.

L’erreur ici, que j’ai essayé de rendre explicite avec des caractères gras, est de transférer le rapport chef-restaurant à un seul chef. (En savoir plus sur ce sophisme. [anglais])

On peut appliquer le tout à la preuve cosmologique de l’existence de Dieu:

  1. Tout effet a une cause.
  2. Donc il existe une cause qui engendre tous les effets.
  3. Donc Dieu existe, il est la cause de tout.

Mais… il n’y a rien qui démontre que les effets partagent la même cause! Peut-être ont-ils chacun leur cause. Peut-être y a-t-il un ensemble limité de causes engendrant tous les effets. En-dehors du fait que la segmentation de la réalité en causes et en effets est assez arbitraire, l’argument cosmologique échoue car il n’exclut pas la possibilité de causes multiples. Le passage de (1) à (2) est injustifié.

*Peut-être un chef couvre-t-il plusieurs restaurants, mais de là à dire que tous les restaurants ont le même chef, il y a une marge.

Qu’est-ce que l’athéisme? Pourquoi ne pas plutôt être agnostique?

Voilà près de six ans que Libresansdieu parle d’athéisme. Mais s’est-on seulement demandé ce qu’est l’athéisme au juste? Un article présent sur l’ancien site visait à répondre à cette question. En voici une version un peu réduite et remaniée.

La plupart des ouvrages donnent comme définition d’athéisme la croyance selon laquelle il n’y a pas de dieux. Cette définition est mauvaise pour deux raisons. D’abord, elle suppose un préjugé positif envers les monothéismes: que dire alors d’une peuplade ayant une religion axée sur les ancêtres, mais qui « croit qu’il n’y a pas de dieux » ? Devrait-on dire qu’ils sont athées? On en doute. Définir l’athéisme selon la définition de « dieu » est donc plutôt hasardeux. (Source: Martin, 2007).

Deuxièmement, cette définition n’est pas conforme à l’étymologie réelle du mot.

Définition étymologique

Athéisme vient du Grec a/theos, ce qui signifie sans/dieu. Le « a » est un privatif, qui se distingue de « anti ». Un athée est donc une personne « sans dieu », c’est-à-dire une personne qui ne croit pas qu’il existe de dieux. Il ne s’agit pas d’une personne qui s’oppose à Dieu. Une personne, selon cette définition, pourrait ne jamais avoir entendu parler des dieux et être athée.

Selon le Cambridge Companion to Atheism

Cependant il est possible de ne pas avoir de croyances religieuses tout en critiquant, en tant que positions métaphysiques, éthiques, scientifiques, etc, les croyances et doctrines religieuses d’autrui.

Le Cambridge Companion to Atheism (Martin, 2007, p. 1-2) propose à cet effet de distinguer l’athéisme, dans son étymologie originelle a/theos (absence de croyance) d’un athéisme tel que défini dans le dictionnaire, l’incroyance positivement articulée. On parle alors respectivement d’athéisme négatif et positif.

Le problème resurgit alors: comment concevoir l’athéisme positif alors qu’il n’y a pas de définition de ce qu’est Dieu? En quoi, au juste, est-ce que l’athée ne croit pas? Martin propose de donner une définition minimale des dieux pour répondre à cette question.

Il y aurait le Dieu stéréotypé des religions monothéistes: créateur, juge, législateur, etc. Et d’un autre côté les dieux des polythéistes, celui des déistes, celui des panthéistes. Certains athées positifs s’intéresseraient seulement au premier Dieu, cherchant par exemple à réfuter son existence. Une fois son travail accompli, avance Martin, cet athée positif pourrait très bien retourner à un état d’athéisme négatif… jusqu’à ce qu’une nouvelle « preuve » de l’existence de Dieu (ou tout argument théiste) se présente à lui et demande à être réfuté.

D’autres athées positifs entreprennent un programme plus large, et tentent de miner la religiosité elle-même, y compris les croyances polythéistes, déistes et panthéistes. Pour ce faire, ils feront souvent appel à des arguments basés sur la psychologie des masses, l’évolution des facultés cognitives ou l’étude comparative des religions.

Finalement, selon Martin, il est possible d’alterner les types d’athéisme selon la croyance à laquelle on a affaire. On peut ne pas croire mais demeurer indifférente à tel ou tel conception de Dieu, tout en cherchant à attaquer telle autre conception. Par exemple, plusieurs athées respectent, sans la partager, la position panthéiste d’Albert Einstein, et ne jugent pas pertinent de l’attaquer, bien qu’ils puissent critiquer les concepts de Yahvé ou Allah. En revanche, dans The God Delusion, le professeur Richard Dawkins a consacré un chapitre entier à critiquer la position d’Einstein, qu’il qualifie de « haute trahison intellectuelle » (Dawkins, 2006).

En fait, selon le même Dawkins, nous sommes tous athées concernant au moins 99% des dieux. Même les religieux, lorsqu’ils critiquent les autres religions, font preuve d’un athéisme positif « localisé ».

On ne choisit par d’être athée.

Cet athéisme comme état de fait sépare l’humanité en deux groupes, sans intermédiaire, sans zone médiane : les athées et les théistes. Ceux qui croient en au moins un être supérieur quelconque, et ceux qui n’y croient pas. (Vous pouvez lire à ce propos la position de Positive Atheism sur le sujet.)

Il est possible de choisir une idéologie qu’on articulerait (ou non) avec notre athésime. Mais on ne décide pas d’être ou de ne pas être athée: cela découle automatiquement de notre position par rapport à l’existence de dieux.

Par ailleurs, « choisir d’être athée » implique que l’on choisit nos croyances, ce qui est en soi assez contestable.

Agnosticisme et limites de la connaissance

Plusieurs estiment que l’athéisme est une position radicale et que l’agnosticisme serait plus « prudent » ou « neutre ». En réalité, l’agnosticisme est un autre type de proposition, qui concerne la possibilité de connaitre, de savoir si des êtres transcendants existent ou non. Athéisme et agnosticisme relèvent de deux types de questions:

  1. Athéisme: Comment est le monde? Qu’est-ce qui existe?
  2. Agnosticisme: Que puis-je connaitre au sujet du monde? Comment?

Il n’est donc pas exclu d’être athée et agnostique. Il s’agit même d’une position très répandue. Voici quelques manières de formuler l’athéisme en tenant compte de notre possibilité de connaitre:

  • « Si Dieu existait, ça se saurait. »
  • « Même si Dieu existait, on ne pourrait le démontrer. »
  • « Je suis athée concernant tous les dieux qu’il serait possible de connaitre, et je suspens mon jugement au sujet des dieux qui n’ont aucun rapport avec la réalité. »
  • Etc.

Ce qui est à éviter, ce sont les positions pseudo-agnostiques qui donnent autant de possibilité à l’existence ou l’inexistence de dieu. Le fait de ne pouvoir se prononcer avec exactitude ne signifie pas automatiquement que les deux hypothèses sont équiprobables.

Certes, on voit parfois des croyants s’accrocher à l’espoir qu’un athée se convertisse en évoquant le fait qu’il ne peut savoir avec certitude absolue que Dieu n’existe pas. (Cela n’est pas sans rappeler l’adolescent qui, réalisant que l’objet de son affection ne peut être certain à 100% de ne pas l’aimer, conclue que c’est l’amour fou. Mais je digresse.)

Répondons à ce croyant optimiste (et du coup à l’adolescent amoureux). Les opinions humaines devraient être circonscrites dans les limites de la raison. Que ce soit une hypothèse positive (dieu existe) ou négative (dieu n’existe pas), ce jugement se fait dans les limites du raisonnable. On ne peut faire autrement, puisque le jugement se produit dans la raison. Celui qui affirme savoir que Dieu existe avec une certitude absolue, ou pire, qui prétend connaitre Dieu, celui-là est en train, au fond, de prétendre connaitre ce qu’il ne connait pas et que, selon son propre aveu, il ne pourrait pas connaitre, cette chose étant inaccessible à la raison humaine.

En revanche, lorsque j’affirme que Dieu n’existe pas, je me prononce dans les limite de ce que je peux connaitre. S’il existe d’autres plans de la réalité inaccessibles avec de petits dieux de cachés à l’intérieur, nous ne pourrions jamais le savoir. Ça ne veut pas dire que Dieu existe. Si ces autres mondes ou plans existent nous sommes tous agnostiques (par définition!) par rapport à ceux-ci et donc pas en mesure de savoir si des dieux s’y trouvent.*

Qui sait, peut-être que les croyants ont trouvé un autre mode de connaissance leur permettant de connaitre Dieu et que nous ne pouvons comprendre, nous, vulgaires mécréants. Cela ferait des athées de réels agnostiques, au sens médical: incapacité de connaitre une certaine classe d’objets (par exemple la prosopagnosie).  L’enfer prendrait alors une toute autre signification: cela voudrait dire que Dieu torture les handicapés.

*Pire: le ou les dieux pourraient être dans un autre monde possible, sans lien avec le nôtre, ce qui revient au même (pour nous) que de dire que Dieu n’existe pas. Le truc est de distinguer ce qu’il est possible d’imaginer de ce qui est réel.

Genèse 30 et les taches d’envie

Une croyance qui a eu la vie dure, et qui persiste encore sous forme d’histoire de grands-mères, est que « l’imagination » de la femme enceinte peut avoir une influence sur le foetus, laquelle apparait le plus souvent sous forme de taches de naissance. Il existe toute une littérature de l’époque moderne portant sur les envies des mères et la manière dont ces envies peuvent influer sur le foetus, produisant des
« taches d’envie ».

En 1891, on pouvait lire dans le Bulletin de la Société d’Anthropologie de Paris une « Communication » portant sur l’Origine des préjugés populaires sur les envies. L’auteur, monsieur Variot, signale qu’il existe plusieurs traces de cette croyance « à toutes les époques » et qu’elle était en vogue non seulement parmi les illétrés, mais aussi chez « les penseurs les plus éminents, (…) les plus grands savants ».

C’est une croyance très répandue et très généralement acceptée que les marques sur la peau, présentées par les enfants à la naissance, sont dues à l’influence de l’imagination de la mère pendant la grossesse. Un enfant naît avec un naevus vasculaire, c’est une tache de vin, une envie de vin : s’il s’agit d’un neevus pigmentaire plus ou moins foncé, c’est une envie de café, de chocolat, etc.. En allant plus loin, dans cette direction, on admet souvent que les difformités congénitales, portant sur les membres, les malformations des mains, des pieds, de la tête, se rattachent à de violentes impressions de la mère, qui auraient eu un contre-coup direct sur le fœtus.

Cette croyance ancienne s’est traduite dans le langage populaire par le terme d’envie, qui est employé indistinctement pour désigner la cause et l’effet. La mère a une envie, l’enfant porte une envie.

Nous avons voulu rechercher quelle était l’origine de ces préjugés populaires, si profondément enracinés, et nous avons trouvé qu’elle remontait à la plus haute antiquité. Une longue tradition a transmis ces erreurs jusqu’à nous.

Les penseurs les plus éminents, à toutes les époques, les plus grands savants jusqu’à la fin du dix-huitième siècle ont accepté et propagé les idées qui ont cours actuellement encore sur ce sujet, aussi bien dans le peuple que parmi les gens du monde. (…)

Variot donne le récit de la Genèse comme une occurence ancienne de cette croyance:

Moïse, dans la Genèse, rapporte l’artifice qui aurait réussi à Jacob pour avoir des agneaux tachetés. 

Laban ayant promis d’abandonner à Jacob tous les agneaux tachetés qui naîtraient dans ses troupeaux, ce dernier « prenant donc des branches vertes de peuplier, d’amandier et de platane, il en ôta une partie de l’écorce, en sorte que les endroits d’où l’écorce avait été ôtée parurent blancs, et les autres auxquels on l’avait laissée, demeurèrent verts \ ainsi, ces branches devinrent de diverses couleurs.

« II les mit ensuite dans les canaux qu’on remplissait d’eau, afin que lorsque les troupeaux y viendraient boire, ils eussent ces branches devant les yeux et qu’ils conçussent en les regardant.

« Ainsi il arriva que les brebis, étant en chaleur et ayant conçu, à la vue des branches de diverses couleurs, eurent des agneaux tachetés de diverses couleurs. »

L’auteur n’exclue pas systématiquement la possibilité que des événements similaires se soient déroulés. Jacob aurait cependant usé d’autres techniques, réellement efficaces, mais que les auteurs de la Genèse n’ont pas cru bon d’inclure dans le texte:

Voltaire, avec son scepticisme railleur, s’étonnait que les brebis, qui avaient toujours les yeux fixés sur l’herbe qu’elles broutaient, ne produisissent pas des agneaux avec une toison verte.

Il est probable que Jacob n’avait imaginé ce stratagème que pour masquer des moyens beaucoup plus efficaces, connus de lui, pour produire, par le croisement, des agneaux à la robe tachetée. Les éleveurs savent distinguer, à certaines taches pigmentaires de la muqueuse de la bouche, les brebis blanches qui sont aptes à procréer des jeunes dont la robe sera colorée.

Dans l’antiquité grecque, nous trouvons d’illustres philosophes ou savants qui croient fermement que la mère, par un effort puissant de l’imagination, peut, en quelque sorte, modeler l’embryon qu’elle a conçu.

(source)

Ce récit m’a toujours plu, surtout par l’accent qu’il place sur le génie de Jacob. C’est l’astuce de Jacob qui lui permet de s’en mettre plein les poches. Genèse 30:42 nous dit que « De cette manière, [Jacob] s’enrichit considérablement, il posséda de nombreux troupeaux, des servantes et des serviteurs, des chameaux et des ânes. » Pas de miracle ici, seulement de la cervelle… et une bonne dose de pseudo-science, puisque le stratagème en question se base sur cette fameuse influence des perceptions et « envies » de la mère sur le foetus.

Le texte biblique reprend donc pour son compte une erreur croyance pseudoscientifique qui, bien qu’en vogue jusqu’au 18e siècle, n’en est pas moins fausse. Variot, bon joueur, suppose que le récit de Genèse 30 est basé sur des faits réels; il est prêt à expliquer cette erreur en affirmant que l’erreur résulte d’une mauvaise transcription des faits en un récit.

Si on joue nous aussi le jeu, on se retrouve avec deux explications possible pour la présence de cette erreur scientifique dans Genèse 30:

1) La thèse de l’ignorance: les auteurs croyaient que les sentiments et perceptions de la mère peuvent influer sur l’apparence du foetus.

2) La thèse du mythe assumé: les auteurs ont suivi la croyance populaire. Ils ne cherchaient pas à faire un récit qui était factuellement/scientifiquement exact, mais une histoire capable de transmettre des valeurs.

Dans les deux cas, l’interprétation dite « littéraliste » de la Bible en prend pour son rhume, ainsi que toute l’idée d’une Bible d’inspiration divine.

Argument gnosticio-satanique et régression à l’infini

Suite à une discussion avec un baptiste, j’ai réfléchi à la théologie présentée par Philip Pullman dans sa trilogie Les Royaumes du Nord. Dans ces livres, le « dieu » est en fait le premier ange créé, qui décide de se faire vénérer et appeler « Seigneur » par les humains. Un humain devenu immortel, Enoch, finit par usurper à son tour le trône de ce dieu. J’ai jugé bon de donner un nom simple à cet argument: l’argument gnostico-satanique (AGS). En mettant de côté les particularités propres aux livres de Pullman, L’AGS peut se formuler comme suit:

Le Dieu vénéré dans la plupart des religions est un usurpateur ayant pris la place du véritable Dieu, lequel est le créateur de toutes choses mais est devenu graduellement inconscient du monde matériel au fur à mesure qu’il créait le monde à partir de sa propre substance.

Il y a plusieurs arguments en faveur de l’AGS:

  • Les êtres nommés « diable » et « démons » sont en fait les êtres surnaturels ayant contesté l’autorité de l’usurpateur, ce qui leur a valu d’être expulsés du paradis.
  • Aucun dieu véritable ne voudrait être vénéré, c’est plutôt le propre d’un usurpateur vaniteux.
  • Cette théologie propose une solution au problème de la toute-puissance divine: plus Dieu crée le monde, plus sa personnalité se dissout dans celui-ci. Comme dans le gnosticisme, plus on s’éloigne du point central (Dieu) plus dieu « oublie » qu’il est dieu et se fond dans le monde matériel.
  • Les institutions religieuses servent à consolider le pouvoir de l’Usurpateur, elles nous incitent à le reconnaitre que le seul vrai dieu ainsi qu’à l’adorer.
  • Certaines des « preuves » de l’existence de Dieu fonctionnent toujours dans ce modèle, cependant elles pointent vers le Dieu Créateur, et non l’Usurpateur.

Bien entendu, tout ceci n’est que spéculation, aussi vraisemblable que les histoires de Monstre de Spaghetti Géant. Mais ce modèle théologique en vaut bien un autre. Ce n’est quand même pas plus idiot que les vierges enceintes et les ânes qui parlent.

« Irréfutable »?

Comme tout bon système fermé, l’AGS ne peut vraiment être réfuté. Toute tentative pour justifier le fait que Yahvé est le vrai dieu ne résulterait qu’en un « …et c’est exactement ce que l’Usurpateur veut que tu crois! » L’AGS ne peut être réfuté par la voie de la théologie puisqu’il inclut toute théologie possible dans un sous-ensemble de son propre modèle, il suffit d’ajouter « et tout ça a été rendu possible par le vrai Dieu Créateur! » En ce sens, l’AGS est aussi valide que n’importe quelle croyance en Yahvé/Dieu/Allah.

En cas de panique, on pourrait toujours affirmer que l’adversaire fait partie du complot de l’Usurpateur, ou du moins qu’il sert ses buts sans s’en rendre compte. Si on se sent un peu coquin, on peut toujours ajouter un autre Dieu, et affirmer qu’en fait le Dieu Créateur est aussi un usurpateur! Du coup, parmi les adeptes de théories du complot, on serait l’équivalent de celui qui affirme que les théories du complot sont le fruit d’un complot. C’est encore plus tordu, comme logique, mais c’est aussi le joker qui bat toutes autres cartes.

C’est ce qui est amusant quand on tient absolument à arrêter une régression à l’infini: on arrête là où on veut. Si le croyant est prêt à placer un Dieu derrière le Big Bang, alors pourquoi ne pas placer un Dieu derrière le Dieu, et un autre, et un autre? Il faut s’arrêter quelque part, dira le croyant. Alors pourquoi s’arrêter à ce point précis? Pourquoi pas là, où là?

Nos amis les chrétiens évangéliques

Cet article s’adresse à ceux et celles qui souhaitent comprendre la religion évangélique et les rudiments de ses principales doctrines.

Le mouvement évangélique regroupe un ensemble de dénominations religieuses protestantes et met l’emphase sur le développement d’une « relation personnelle » avec Dieu. Cette relation est établie lors du moment de la conversion, ou « nouvelle naissance » (d’où le terme « born-again christian »). Un accent est souvent mis le prosylétisme. Les mouvements pentecôtistes, baptistes, réformés, ainsi que certaines branches de la religion anglicane, sont dites évangéliques.

Ted HaggardLe mouvement, dans son ensemble, est souvent associé (parfois à tort) aux chrétiens fondamentalistes américains. Dans les faits, plusieurs dénominations évangéliques sont dites « libérales » ne font pas une lecture littérale de la Bible. Par conséquent, ils n’endossent pas toutes les croyances et normes souvent associées aux évangéliques. Autrement dit, l’amalgame évangélique + droite religieuse américaine n’est pas toujours exact.

Cela n’exclut pas, toutefois, la possibilité de retrouver parmi les doctrines de ces églises des croyances plutôt étranges… que nous aurons un grand plaisir à explorer et critiquer sur ce site.

Principales doctrines

Il y a une variété de positions parmi les évangéliques mais ces doctrines semblent constituer la base de leur croyance:

  • La Trinité: Dieu, être transcendant, tout-puissant, éternel et créateur, existe et est constitué de trois personnes: Dieu le père, Jésus-Christ, le Saint-Esprit.
  • L’humanité est « contaminée » par le péché originel et chacun doit être racheté par le sacrifice de Jésus sur la croix afin d’obtenir le salut.
  • Il est possible de développer une relation personnelle avec Dieu. Via le Saint-Esprit, plusieurs évangéliques estiment être en « lien permanent » avec Dieu, avec qui ils conversent comme avec n’importe qui d’autre.
  • Il faut établir cette relation avec Jésus afin d’être « sauvé » et « né de nouveau » (born again). Dans plusieurs dénominations évangéliques, on considère que les religions n’établissant pas ce lien (incluant le catholicisme) ne permettent pas réellement d’être sauvé.
  • Il y a une vie après la mort. Ceux qui ont accepté Jésus iront au paradis?, et les autres (sauf exception) en Enfer. Il n’y a pas de position définitive concernant le salut des non-chrétiens, notamment la question du salut de ceux n’ayant jamais reçu le message de l’évangile.

Les évangéliques et le catholicisme

L'imposition des mains demeure une pratique répandue.

Pour simplifier le tout, on peut indiquer quelques différences avec le catholicisme. De manière générale, les évangéliques…

  • ne prient pas les saints;ne prient pas la Sainte Vierge (pas de « Marie mère de Dieu » non plus);
  • ne vont pas à des messes, on dit plutôt « réunion »;
  • ne pratiquent pas le pédobaptisme?, le baptème se fait à un moment choisi par le croyant lui-même et non ses parents;n’ont généralement pas d’orgue dans leur église, en revanche on retrouve souvent une sorte de groupe rock à la Creed;
  • n’ont pas de curés, on parle plutôt de pasteurs;ne croient pas en la transubstantation, l’eucharistie (qu’on nomme ici « communion ») est purement symbolique.

Notons aussi que plusieurs dénominations évangéliques n’acceptent pas la légitimité de l’église catholique et affirmeront parfois que les catholiques ne sont pas de véritables chrétiens.

Principaux rites

Les évangéliques ont des mariages, des funérailles et des baptêmes (lesquels se font généralement lorsque le croyant est adulte). Le pédobaptème catholique est parfois remplacé par une cérémonie de « consécration », où les parents, le pasteur et les anciens de l’Église prient pour le nouveau-né.

Certaines dénominations évangéliques possèdent un rite de l’eucharistie, qu’ils appellent « communion ». Cependant, comme il s’agit de religions protestantes, cette pratique est considérée comme purement symbolique.

Il existe d’autres rites moins répandus chez les évangéliques, comme l’onction d’huile (censée guérir les maladies) et, dans certaines dénominations, le baptème du Saint-Esprit (qui investirait l’individu de pouvoirs surnaturels).

Les évangéliques se réunissent généralement les dimanche matin pour des « réunions » ou « assemblées ». Dans plusieurs églises, il y aura d’abord des cantiques (souvent sur fond de musique rock), puis un sermon. Parfois, les « frères et soeurs » sont invités à chanter des cantiques, et ensuite se divisent en petits groupes pour étudier un passage de la Bible. La marche à suivre varie beaucoup, il n’y a pas de cérémonie plutôt fixe comme dans la religion catholique. Cette diversité est un point fort du mouvement.

Il y a aussi des réunions durant la semaine, comme des rencontres pour les jeunes les vendredis ou samedi, des « réunions de prière », des réunions pour certains groupes d’intérêt, etc. Dans certaines églises, le paroissien peut avoir jusqu’à cinq ou six de ces réunions par semaine.

C’est là un point faible du mouvement: bien qu’ils se targuent de ne pas être une religion (car ils n’ont présumément pas de rites), ils sont en réalité entourés de rites et placent la vie d’église au centre de leurs préoccupations. Dans certains cas, toutes les activités ont un lien avec l’église, incluant les loisirs (entre chrétiens), les vacances (pour visiter une méga-église ou aller dans un camp chrétien), et la pratique d’un art (pour « glorifier Jésus » et faire du prosélytisme).

On remarque souvent que les évangéliques emploient des tactiques originales pour propager leurs doctrines, comme des pièces de théâtre, des films à grand budget (y compris des productions hollywoodiennes), de la musique aux styles très variés (y compris du black métal chrétien) et bien plus.

Règles et normes sociales découlant de cette religion

  • L’abstinence sexuelle avant le mariage est généralement la norme.
  • L’alcool est souvent permis avec modération.
  • Parfois des contraintes très conservatrices concernant la musique et les films. La musique chrétienne est parfois de mise;
  • Les rôles masculins et féminins sont souvent assez stéréotypés.
  • Le divorce, souvent toléré, demeure mal vu.

L’homme intelligent tire des choses intelligentes du trésor de son intelligence

Il va y avoir des heureux: je suis sur le point d’affirmer (presque) que j’ai « foi en la rationalité ». Je vais même aller jusqu’à m’appuyer sur un passage de la Bible pour marquer un point rhétorique. Ça s’est passé ainsi.

En pleine discussion avec un étudiant en théologie, j’ai réalisé que plusieurs de ses arguments étaient « acceptables » mais irrationnels. J’entends par ce « acceptable » que ces arguments ne contenaient pas de contradiction logique apparente, que si leur conclusion découle assez logiquement de leurs prémisses. Voici un exemple de mon cru inspiré de ce type d’argument:

« Ma table de travail contient seulement des choses qui existent. Justement, il y a en ce moment un Extra-Terrestre sur ma table de travail. Par conséquent, les Extra-Terrestres existent. »

Cet argument farfelu n’est pas invalide sur le plan strictement logique. La conclusion découlent des prémisses et de leur structure (qui ressemble à « tous les A sont des B, C est un A donc C est un B »). L’argument a quand même des problèmes, notamment le fait qu’on ne peut conférer l’existence à quelque chose de cette manière, comme nous dirait Kant.

La théologie est remplie d’arguments de ce type – on pourrait pratiquement dire qu’elle en est constituée. Par exemple, plusieurs arguments sont basés sur l’idée que Dieu serait en-dehors du temps. Or, comme nous en avions discuté l’été dernier, parler d’un Dieu en-dehors du temps amène quelques problèmes, principalement qu’on ne peut agir sans temps.

Ah mais qu’est-ce que j’entends… Dieu peut agir quand même sans temps? Je serais bien heureux qu’on m’explique comment. Le problème est que je ne pourrai jamais piger l’explication (à supposer qu’elle existe) puisque moi, je ne suis pas en-dehors du temps. Je ne peux penser sans temps. C’est ainsi pour tous les êtres humains. Par conséquent, tout argument mettant Dieu en-dehors du temps, même si cet argument est parfaitement structuré sur le plan logique, va toujours demeurer irrationnel.

On pourrait continuer longtemps ainsi et parler des contradictions découlant nécessairement de tel ou tel point de doctrine. Dans tous les cas il est possible de colmater la brèche idéologique en sortant de notre poche un petit argument théologique qui n’est basé sur rien sinon que sur le désir de soutenir une conclusion décidée à l’avance. Ces arguments sortent du domaine de la rationalité et fonctionnent seulement si on croit déjà, si on a la foi. Bref, c’est la croyance forte (la foi) qui parle à-travers le croyant, l’exercice de la raison est laissé de côté.

Certes, il est possible à ce moment de répondre que les athées ont foi en la rationalité, etc. Je ne suis pas d’accord avec cette utilisation du mot « foi ». Pour moi, foi aveugle est un pléonasme (par définition!) et la foi est nécessairement opposée à la rationalité. Dire que j’ai foi en la raison est plutôt une figure de style; on pourrait dire que je me base sur la raison dans ma recherche de la vérité et que je n’adhère pas à des croyances qui ne me semblent pas fondées. Cela ne signifie pas toujours que ces croyance sont fausses, mais simplement qu’il n’est pas possible de trancher la question par l’exercice de la raison.

Je termine avec une interprétation style libre d’un passage de la bible:

L’homme bon, du bon trésor de son cœur de sa rationalité, tire ce qui est bon, et celui qui est mauvais, de son mauvais fond, tire ce qui est mauvais ; car c’est du trop-plein du cœur que parle sa bouche. (Luc 6:45, trad. Jérusalem)

Voilà, j’ai corrigé le passage. La raison est la meilleure voie vers la vérité, et possiblement aussi la seule. Du trésor de l’entendement humain on tire de bonnes choses. En revanche, si on parle à partir du « trop-plein » de son coeur, sans évaluer rationnellement nos propos, ce ne sont plus de bonnes choses qui sortent, mais plutôt le reflet de nos désirs et penchants.

Pourquoi parler d’un « Jésus historique » ?

Qu’est-ce que se demander s’il y a eu un Jésus historique? Au sens le plus minimal, il s’agit de savoir si un dénommé Jésus a vécu en Palestine au premier siècle. Cela va de soi, Jésus étant un nom assez populaire. Formulée ainsi, la question n’a donc aucun sens, et ce n’est certainement pas ce que l’on demande quand on dit « Y a-t-il eu un Jésus historique? »

J’ai plutôt l’impression que parler d’un Jésus historique, c’est affirmer qu’il y a eu un dénommé Jésus, lequel a accompli certaines des actions attribuées au Jésus de la Bible. Mais quelles actions, au juste?

Prêcher dans les rues, être persécuté par les romains? On ne peut pas simplement affirmer que Jésus-Christ a existé du moment qu’il y a un Jésus qui a prêché et a été persécuté par les romains. Après tout,  Jésus ben Ananias l’a fait, et ce n’était pas le Christ.

Le problème empire quand on considère que Jésus est possiblement une translittération du nom hébreux Yeshua, lequel se retrouve souvent dans la Bible et signifie « sauveur ». Ainsi, Jésus était peut-être un titre: le Jésus, comme on dit le maire ou le président. Ou encore un surnom, un nom de scène, un pseudonyme… Considérons 2 Corinthiens 11:4 :

Si quelqu’un vient vous annoncer un autre Jésus que celui que nous avons prêché, vous le supportez fort bien! Vous supportez bien, aussi, de recevoir un autre esprit que celui que vous avez reçu, ou un autre évangile que celui que vous avez accepté.

Un autre Jésus… un autre autre Yeshua, un autre sauveur.

Ainsi, tant que nous n’avons pas une définition claire de ce qu’on entend par « Jésus historique », un débat sur l’historicité du christ n’a pas vraiment de sens. Qu’est-on prêt à inclure dans ce concept de christ historique, par opposition à un christ mythique? C’est déjà une meilleure question que « Jésus a-t-il existé ».

Et si on réalise que l’individu ayant inspiré les récits au sujet du christ mythique n’a en fait aucun point commun avec ce dernier? Si le Jésus historique ne s’appellait pas Jésus, n’a pas fait de miracle, n’a pas prononcé les paroles qu’on lui attribue, n’a pas voyagé dans les lieux mentionnés dans les évangiles, bref s’il n’y a aucun lien entre le Jésus historique et le Jésus-de-la-Bible, alors pourquoi même se donner la peine de parler de « Jésus historique »? Ne faudrait-il pas plutôt parler du « précurseur », de l’archétype ayant influencé les auteurs des évangiles?