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La formation du foetus selon le Coran

Y a-t-il une description scientifiquement valide de l’embryon et de son développement dans le Coran? Non. Voyons le passage souvent recopié sur le Web par les adeptes du concordisme musulman:

(12) Nous avons certes créé l’homme d’un extrait d’argile (13) puis Nous en fîmes une goutte de sperme (nutfah) dans un reposoir solide. (14) Ensuite, Nous avons fait du sperme une adhérence (alaqa); et de l’adhérence (alaqa) Nous avons créé un embryon; puis, de cet embryon Nous avons créé des os et Nous avons revêtu les os de chair. Ensuite, Nous l’avons transformé en une tout autre création. Gloire à Allah le Meilleur des créateurs! (Sourate 23:12-14)

L’interprétation concordiste est que ces versets décrivent dans le détail le développement de l’embryon. (Voir par exemple cette page contenant un texte du concordiste Keith L. Moore).

On affirme également, sur la base d’un dessin de pacotille, que « sangsue » désigne ici « spermatozoïde », puisque les deux se ressemblent. Faisons donc la comparaisons nous-mêmes! Voyons d’abord le dessin de Moore. La chose en haut est censée être une sangsue, et on retrouve une sorte de masse ressemblant à un spermatozoïde en bas:

Photo truquée concordiste

Comparons avec un spermatozoïde et une sangsue réelle:

Vrai spermato Vraie sangsue

Moore a « oublié » de reproduire la flagelle de la gamète mâle sur son dessin, par ailleurs largement déformé de manière à soutenir son analogie gamète-sangsue.

Le Coran s’inscrit dans l’esprit de son époque

La sourate 23, si on s’en tient au texte, explique l’embryogenèse en trois moments: (1) la goute de sperme arrive dans l’utérus (ou « reposoir solide ») (2) la goute de sperme se fixe à l’utérus et se remplit de sang. (3) Cet amas de sang coagulé produit des os, lesquels sont « revêtus de chair ».

Cette conception est exactement celle qui était répandue à l’époque de rédaction du Coran. Mohammed n’émet aucune nouvelle hypothèse dans ces sourates, mais ne fait que reprendre des idées déjà en vogues provenant d’Aristote, Hippocrate et Galien et constituant la médecine de l’époque.

Dans ce passage, le Coran présente pas d’information inédite, mais reprend simplement sous une forme plus poétique le modèle de l’embryogenèse qui était dominant à l’époque.

Ce modèle contraste largement avec la science actuelle. On parle dans le Coran d’os qui sont ensuite revêtus de peau. Bien que cette hypothèse soit la plus intuitive, elle est fausse. On sait que la peau se développe avant les os, dont le durcissement n’est pas encore terminé à la naissance.

L’embryologie coranique parle d’une « sangsue » adhérant à la paroie de l’utérus, qui n’est simplement qu’un réceptacle. Cette conception ignore complètement l’existence et le rôle de l’ovule. La forme est ici apportée entièrement par le mâle, l’utérus n’étant ici qu’une materia prima sans forme.

On sait toutefois aujourd’hui que la femme apporte environ la moitié du matériel génétique, chose que les auteurs du Coran ne pouvaient savoir, et qui n’apparait donc pas dans le texte.