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Honte à Raymond Gravel

Il vous restait peut-être un peu de sympathie pour l’abbé Gravel* ?. Homosexuel avoué, en faveur de l’avortement, ancien député du Bloc québécois, etc., ça pèse favorablement dans la balance. Ça rend le bonhomme plus humain, plus près de nous. Enfin un curé qui s’oppose au Vatican concernant l’homosexualité, quel homme!

J’ai cependant révisé largement à la baisse mon évaluation de monsieur Gravel.

Un article paru aujourd’hui dans Le Devoir vous donnera peut-être envie de réévaluer, vous aussi, votre position. Et peut-être d’aller tirer des tomates sur Raymond Gravel.

Il est question du recours collectif contre les prêtres (et employés) de la communauté de la Sainte-Croix. On se souvient du mode de règlement, avec un tableau à deux axes: actes posés et traumatisme perçu. Avec, dans chaque case du tableau, le montant que recevra la victime.

C’est ça le problème, selon Gravel, les victimes n’en sont pas, et ne méritent pas un sou. Si elles sont capables de demander de l’argent, alors elles sont fonctionnelles et ne sont pas des victimes. Il les compare plutôt à des prostitués.

Gravel se donne lui-même en exemple: à 12 ans, il a eu des relations sexuelles avec un prêtre. Il a aimé ça. Il en a quand même profité pour « lui soutirer une montre » en faisant du chantage. Les victimes, selon Raymond Gravel, sont de cette trempe. Gravel insinue que les victimes étaient toutes consentantes et que, au pire, elles sont simplement trop pleurnichardes pour aller de l’avant dans la vie. Ou peut-être qu’un évènement traumatisant serait arrivé de toutes façons: « Il aurait pu arriver n’importe quoi dans la vie qui n’a rien à voir avec les prêtres ».

Dans cette logique digne du Secret et de la Force d’Attraction, Gravel pense que la victime a ce qu’elle mérite et même désire secrètement. Les anglos disent « you brought this on yourself ».

Une suggestion pour monsieur Gravel, une petite expérience maison:

  1. Lancer des tomates sur Raymond Gravel;
  2. Lui dire qu’il a aimé ça;
  3. S’il a pas aimé ça, lui dire qu’il aurait fini par s’en faire lancer, anyway;
  4. « You brought this on yourself. » Lui dire d’arrêter de victimiser.

Pour empirer son cas, Gravel ment. Il prétend que la Congrégation de la Sainte-Croix risque la faillite (ils sont pleins aux as) et que l’Église ne devrait pas payer pour quelques individus (l’institution est responsable, pour avoir activement protégé les agresseurs et caché les faits). Et puis, entre vous et moi, la Congrégation de la Sainte-Croix reçoit de l’argent public pour son monument érigé au kitch (l’Oratoire St-Joseph), plus le fric des touristes crédules qui achètent les reliques et autres babioles ridicules célébrant « frère André », le Mickey Mouse de ce Disney Land de la spiritualité. Je me demande si les touristes savent qu’une partie de leur fric finance indirectement de pédos.

En tout cas, rayé de mon livre, le Gravel.

Dans les conversations de partys de Noel, j’ai souvent entendu l’abbé Gravel mentionné comme « un qui est pas si pire », un progressiste, etc. Je ne me gênerai pas pour renvoyer mes interlocuteurs à cet article. Il est « aussi pire ». Si on se base sur lui pour se donner une bonne image du catholicisme au Québec, alors il faut arrêter tout de suite.

*Oui, c’est celui qui souhaitait être en curé au plus fort de l’élection.

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Les cathos vénèrent le sang du pape mort

Selon l’AFP:

Une ampoule contenant le sang de Jean Paul II sera exposée comme relique à la vénération des fidèles pendant la cérémonie de sa béatification, dimanche au Vatican, a annoncé aujourd’hui la salle de presse du Saint-Siège.

Comme si ce n’était pas déjà assez louche d’inviter les fidèles à vénérer un mort, on pousse le macabre jusqu’à se prosterner devant quelques goûtes de son sang.

Le culte des reliques ne fait pas l’unanimité au sein de l’église. D’après BBC News:

But some critics reject the veneration of relics, saying it smacks of medieval or pagan practices. Others say that by introducing relics into the public cult of John Paul, Dziwisz is reducing the memory of a complex and multidimensional figure to simplistic mementos.

« Relics were needed in times when people could not read or write, » said Rev. Krzysztof Madel, a Jesuit priest in Nowy Sacz, near Krakow, who has spoken out against the promotion of the relics. By placing a vial of John Paul’s blood in the altar of a church in Krakow, he argued, « we will return to the Middle Ages and magic-based Catholicism. »

The veneration of relics goes back to the early days of Christianity, when gatherings were sometimes held secretly on graves of martyrs to avoid persecution. Once Christians were freer to worship churches were built inside cities, but the remains of martyrs were deemed indispensable and were brought to the churches.

La suite: http://www.sfgate.com/cgi-bin/article.cgi?f=/c/a/2011/04/09/MN2L1IEIF0.DTL#ixzz1KlmQX56Z

Le Parrain 3 (remake)

Assez médiocre, la couverture médiatique francophone de ce qui me semble un immense scoop: le Vatican et la Mafia acoquinés pour blanchir de l’argent*. Les détails de l’affaire sont très cinématographiques et impliquent des faux documents, des menteurs en soutane, même un meurtre. Et l’argent juif détourné par les nazis? Pourquoi pas. De quoi faire un film.

Il y a déjà eu un film, en fait. Le Parrain, partie trois, de Francis Ford Coppola, qui s’était vaguement inspiré d’une autre saga de blanchiment d’argent impliquant la mafia et le Vatican. Le directeur de la banque du Vatican de l’époque s’en était bien tiré, immunité diplomatique oblige.

Le modus operandi est simple: l’argent d’origine louche est donné au Vatican. Un simple donc de charité. Ensuite la banque du Vatican redonne le fric en le faisant transiger via différentes organisations. Par exemple:

Authorities say some euros, illegally obtained from the regional government of Sicily for a fish breeding company, was sent to the priest by his father as a « charitable donation, » then sent back to Sicily from a Vatican Bank account using a series of home banking operations to make it difficult to trace.

C’est à peu près à ce que ressemble du blanchiment d’argent. . Il semble qu’on a droit au Parrain 3, le remake. On a changé les noms et l’époque, mais l’histoire est la même. Dans Le Parrain 3, c’était des projets immobiliers. Ici une pisciculture. Mais l’histoire ne change pas vraiment. Au fait, je me souviens que le 3 était clairement le moins bon. Faudrait cesser la production de ce drame grandeur nature avant que ça n’aille trop loin…

*Au moment de publier ce billet de blog, du moins.

Vatican: blanchiment d’argent, pédophilie et antisémitisme.

Des câbles diplomatiques récemment publiés mettent le Vatican dans l’eau chaude. Il y est question de relents d’antisémitisme, mais aussi de conspiration pour bloquer l’enquête concernant des allégations de pédophilie en Irlande.

Le Vatican a jugé que l’Irlande a échoué à protéger les intérêts de la ville sainte lors de la commission Murphy, chargée de jeter la lumière sur ces histoires de prêtres pédophiles. Le principal point qui a enragé le Vatican est que la commission a communiqué avec des membres du clergé directement, sans passer par la machine à relations publiques du Vatican. C’est censé être une offense au Vatican.

Je récapitule: une commission enquête sur une corporation (ici le Vatican) et contacte des employés directement, sans passer par le départements des relations publiques. La corporation se fâche: comment ont-ils osés! Tout cela nuit à la souveraineté du Vatican, qui aimerait bien régler (lire: camoufler) ses histoires de pédophilie en paix:

The Vatican believes the Irish government failed to respect and protect Vatican sovereignty during the investigations.

Autre extrait des câbles diplomatiques:

The Murphy Commission’s requests offended many in the Vatican, the Holy See’s Assessor Peter Wells (protect strictly) told DCM, because they saw them as an affront to Vatican sovereignty. Vatican officials were also angered that the Government of Ireland did not step in to direct the Murphy Commission to follow standard procedures in communications with Vatican City.

Les câbles confirme un désir à Rome d’éviter toute sorte d’enquête comme la commission Murphy et un désir de régler les affaires de pédophilie à l’interne, donc sans passer par la voie légale. Bref, camoufler le tout.

Au même moment, des accusations font surface impliquant du blanchiment d’argent pour le compte de la Mafia. Je pensais que c’était seulement dans Le Parain 3. Il semble que non. Selon l’AP:

The Vatican calls the seizure of assets a « misunderstanding » and expresses optimism it will be quickly cleared up. But court documents show that prosecutors say the Vatican Bank deliberately flouted anti-laundering laws « with the aim of hiding the ownership, destination and origin of the capital. » The documents also reveal investigators’ suspicions that clergy may have acted as fronts for corrupt businessmen and Mafia.

Tsk tsk.

Le Pape et les condoms

Ben16 a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne? Il n’est pas contre les capotes, en tout cas pas si elle sont portées par un prostitué homosexuel porteur du VIH:

Benedict said that condoms are not a moral solution to stopping AIDS. But he said in some cases, such as for male prostitutes, their use could represent a first step in assuming moral responsibility « in the intention of reducing the risk of infection. »

(…)

« There may be a basis in the case of some individuals, as perhaps when a male prostitute uses a condom, where this can be a first step in the direction of a moralization, a first assumption of responsibility, » Benedict said.

La mauvaise nouvelle est qu’il est encore contre les capotes si elles sont impliquées dans des rapports hétéros. Rempli d’amour pour ces milliards d’ovules et spermatos non-utilisés, le pape nous pose cette question:

« How many children are killed who might one day have been geniuses, who could have given humanity something new, who could have given us a new Mozart or some new technical discovery? » he asked rhetorically.

Je l’ignore, Ben. Ils sont tous morts du sida, alors on ne saura jamais…

(source)

Le Frère André, l’athéisme, et les superstitions au Québec

Je suis à vélo avec l’amoureuse dans le coin de Granby. Roule, roule. Reconnait une enseigne: Foglia avait dit que c’était bon, ce café, on essaie? C’est un athée et il adore le vélo. Preuve qu’il a bon goût. Nécessairement, ce bon goût doit s’étendre aux pâtisseries.

La serveuse arrive avec nos cafés. « Dites-donc, madame, il vient-tu pour vrai, le Foglia? » « Sais pas. Pas pendant mon shift en tout cas. »

Passe au magasin de bicycle. Ils doivent le connaitre, là-bas. « Dis-donc, il doit venir Foglia? »

« Je l’ai vu », qu’il me dit. « Une fois: je roulais dans le coin et je vois un vieux bonhomme sur un vieux dix vitesse. Il arrivait en sens inverse en flottant dans un grand chandail de laine. »

Et c’est probablement le plus proche du vieux chialeux que je ne serai jamais.

Bref, Foglia, dont j’ai tenté ici, assez pauvrement, d’imiter le style (l’anecdote demeure vraie dans une bonne mesure), nous livre cette pensée:

LES ESCARGOTS – Parlant de Dieu, ce n’est même pas vrai que je n’y crois pas. Ne pas croire en Dieu supposerait que je me sois au moins posé la question de son existence. Jamais. Pas une fois je ne me suis demandé si Dieu existe.

Pensez à une question idiote: l’escargot est-il daltonien? Pourquoi diable devrais-je m’intéresser au daltonisme des escargots? Pareil pour Dieu.

Pensez à la foi. Tous ces gens qui ne se sont jamais demandé non plus si Dieu existe et qui croient. Pensez maintenant à la non-foi. Voyez bien.

On comprend son point: tout le monde s’en fout, au fond, les athées ou les croyants étant à peu près au même niveau d’interrogation quant à la chose religieuse. Le croyant lambda aussi, il se fiche bien de la théologie. Et en effet les cathos que je connais (la plupart en tout cas) ne se soucient pas du tout de l’existence réelle de Dieu. La Bible? Jamais vraiment lu, qu’on me dit.

Le frère André? Même farine. C’est une autre superstition, qui plait aux gens qui ne se posent pas de question. On voit quand même un petit côté « je suis ignorant et fier de l’être » dans tout ça, non? On se complait pas mal dans nos superstitions.

Enfin. Deux approches, donc:

  1. Je me pose pas de questions, je suis croyant;
  2. Je me pose pas de questions, je suis athée.

Le problème avec ça, ou en tout cas mon problème, c’est que je m’en pose des question. C’est que moi je trouve que la vision chez les escargots c’est un sujet fascinant. Je suis fou, comme ça.

Frère André: de quoi être fier?

« La canonisation de frère André est une fierté partagée par tous les Québécois ». Voilà la citation pré-mâchée qu’offre à aux média le gouvernement du Québec. Citation attribuée au premier ministre Jean Charest. Autre extrait:

« Figure populaire et incontournable de notre histoire, frère André a fait l’objet d’une ferveur dépassant largement les frontières du Québec. L’humilité qu’il affichait face aux guérisons et aux miracles qui lui étaient attribués, au début du siècle dernier, lui fait aujourd’hui honneur », a aussi déclaré le premier ministre.

On se demande ensuite tout au long du communiqué pourquoi nous devrions être fier. La raison de cette cérémonie de canonisation est que le Frère André aurait fait des miracles, ou plus exactement que des gens qui ont été guéris affirment avoir préalablement prié le frère André. (La cérémonie pour tous ceux qui n’ont pas guéri après avoir prié le frère André sera probablement tenue en catimini…)

Les bons charlatans savent qu’il faut une routine, un shtick, un modus operandi. Pour le frère André, c’était le faith healing. On te promet une guérison. Suffit de montrer que tu as assez la foi et tu seras guéri. Comme témoignage de foi, on laisse nos béquilles, notre marchette, notre chaise roulante. J’ai visité l’Oratoire Saint-Joseph… j’y ai même vu des civières. J’ai aussi vu le porte-feuille des crédules, vide. (Mais non c’est une blague!)

J’ouvre le Nouveau Testament et j’y lis « prends ton lit et marche ». Pas « donne moi ton lit, et dans une semaine ton souhait sera exaucé, et si ça ne marche pas c’est que tu n’avais pas la foi ». Enfin. L’oratoire Saint-Joseph est, au fond, une sorte de cathédrale kitch érigée aux différentes superstitions (souvent fort douteuses) du Frère André.

Je veux dire: le type a fait conserver son coeur. Pour la protection de l’édifice! (Je présume que les gicleurs et détecteurs de fumé sont installés simplement pour faire joli.) N’importe qui ferait un truc pareil et on dirait « ouais Papi, on va te le garder ton coeur », et on hocherait la tête en souriant avant d’appuyer sur la sonnette de l’infirmière.

Être fier de cette canonisation, c’est comme être fier du Grand Antonio ou du Orange Julep. C’est un monument kitch, si cela se trouve, érigé à un temps dépassé de notre histoire. Célébrer cette canonisation relève donc non seulement du mauvais goût, mais aussi de la sénilité.

Prêtres pédophiles en Belgique: ce n’est PAS une minorité

Ça suffit, les généralisations au sujet de l’Église Catholique. Ou… peut-être pas:

« On peut dire qu’aucune congrégation n’échappe à l’abus sexuel de mineurs par un ou plusieurs de ses membres », écrivent les auteurs du rapport. (source)

Aucune congrégation n’échappe à l’abus sexuel de mineurs. Quand aux autorités de l’Église:

La mentalité est en train de changer et je crois que les autorités dans l’Eglise sont prêtes aussi à agir dans ce changement », a espéré l’évêque, chargé de la question de la pédophilie au sein de l’Eglise belge.

L’ancien primat de Belgique, le cardinal Godfried Danneels, a néanmoins été forcé de démissionner début 2010 pour avoir tenté d’étouffer plusieurs de ses affaires dans le but de protéger l’image de son institution. (source)

La mentalité est « en train de changer ». Ça leur a pris tout ce temps pour comprendre que l’abus sexuel est un crime et que tenter de dissimuler les méfaits d’autrui est une forme de complicité.