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La doctrine du péché: une invitation au narcissisme

Vanité des vanités ! tout est vanité ! – L’Ecclesiaste, 1:2.

On ne retrouve pas, dans le christianisme, de concepts comme celui, chez les Bouddhiste, de Bodhisattva, qui place l’éveil spirituel des autres avant le sien. Chez les chrétiens, la foi a un aspect « chacun pour soi ». L’individu est responsable de son salut et doit lutter contre le « péché », cette lutte étant conçue comme individuelle. Accompagné souvent d’une croyance forte au libre-arbitre, ce déplacement vers l’individu de la responsabilité de son sort mène vers une forme aiguë de narcissisme jouant sur notre vanité naturelle.

Je pense particulièrement au discours des chrétiens évangéliques. C’est toujours « ma relation personnelle avec Dieu », « mon péché » et « le salut de mon âme ». C’est facile de jouer sur la vanité des humains en leur proposant le salut de leur âme et la vie éternelle. Après tout, nous sommes des bestioles imbues d’elles-mêmes, nous les homo sapiens, et avons la conviction fondamentale que nous devons, comme individu et comme espèce, exister pour toujours.

Il y a certes, dans le christianisme, une incitation à ne pas mener les autres vers le péché… car c’est là en soi un péché. Il n’y a pas de motivation intrinsèque à s’abstenir d’être une « occasion de chute ».

Ne serait-il pas plus altruiste de dire qu’agir avec compassion est sa propre récompense? Que nous n’avons pas besoin d’un incitatif externe pour être une bonne personne? Pas dans le christianisme, la religion du « je, me, moi ».

 

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